Pôle YO CONTIGO

10 juin 2010

NOUVEAU BLOG

Désormais, l'actualité de YOCONTIGO ESPERANCE Solidarité Internationale

est sur :

http://yocontigo.travelblog.fr

à bientôt!

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05 mars 2010

MADAGASCAR 1er trimestre 2010

Déjà depuis un mois à Madagascar, le temps a passé tellement vite ! C’est vrai aussi que nous avons toujours l’impression de n’être jamais véritablement partis. Quand nous sommes en France nos pensées sont toujours ici et la préparation de nos différents projets nous occupe à temps plein.

Ce sont nos amis de Tsaratànana et en particulier les tous petits qui nous ramènent à la réalité : eux, ils ont continué de grandir, sont devenus très bavards et habiles dans beaucoup de domaines. Tsiresy, le petit dernier de Ninie et Modeste, se prend pour un alpiniste en escaladant avec beaucoup d’aisance, du haut de ses 2 ans, nos « falaises » très raides. Nous sommes comblés de beaucoup de câlins et de petits babillages que nous ne comprenons pas forcément mais qui nous donnent toujours autant l’envie d’être là et d’agir avec tous les parents du quartier pour dévier vers un avenir ouvert, les chemins fatalistes tous tracés de la pauvreté.

Pourtant, Il y aurait de quoi être découragés en voyant dans quel état se trouve Madagascar après 1 an de chaos politique. Les gens ne croient plus en rien ni en personne. Des paroles, ils en ont trop entendues. Persuadés que les ficelles de leur avenir se tirent bien loin de leur île, certains  en veulent à la terre entière ; aux Etats Unis, à l’Europe et en particulier à la France. Une partie importante de l’opinion la pense à la source de se malheurs. Sa belle robe « bleu, blanc, rouge » est entachée de slogans comme «  non au néo colonialisme », « France, ingérence » et j’en passe. Cette année, Madagascar, comme beaucoup de pays d’Afrique, fêtera ses 50 ans d’indépendance...

Ce qui est sûr, c’est que les pauvres sont encore plus pauvres. Des milliers d’hommes et de femmes se retrouvent sans emploi, victimes en particulier de la fermeture de nombreuses entreprises des zones franches suite à la perte du marché textile américain. Pas d’aides, pas de compensations, comment assurer le quotidien ? Les plus riches, eux non plus, ne sont pas à l’abri, ils craignent pour leur emploi, leur sécurité, leur avenir tout simplement.

En ce moment, il ne fait pas bon flâner dans le centre de Tana ; la misère y est devenue agressive, mais comment lui en vouloir ? C’est la conséquence « normale » du vieil adage qui se vérifie toujours et qui dit que l’intérêt suprême des états prévaut toujours sur celui des peuples.

Quand nous sommes arrivés, chaque jour, il y avait des dizaines d’hommes qui attendaient assis à l’entrée du quartier pour demander du travail. C’est toujours avec beaucoup de tristesse que nous leur répondions par la négative. Il y a des sortes de pouvoirs qui mettent à l’aise. Un  « non » veut souvent dire pour tous ces journaliers « pas d’argent » donc pas de nourriture et ça nous le savons.

Mais, il ne faut pas s’arrêter à tout cela, nous n’avons pas le pouvoir de changer les choses au niveau de l’état, mais par contre, nous pouvons le faire au notre, avec les moyens que nous avons. La tâche est déjà suffisamment importante. Alors, en avant, retour à Tsaratànana !

Notre second encouragement, après les retrouvailles avec nos amis bien sûr, a été la visite des jardins et en particulier, en plus de la croissance de tous les arbres, la découverte de régimes de bananes dans quelques uns des bananiers plantés il y a deux ans. Les femmes sont heureuses de nous montrer leur production variée qu’elles utilisent pour la confection des repas familiaux mais aussi qu’elles vendent aux alentours. Certaines nous offrent des légumes et je peux vous assurer qu’ils ont une saveur particulièrement délicieuse pour nous. Miracle végétal qui nous laisse presque incrédules ! Le quartier s’est aussi beaucoup peuplés de poules, de canards, de lapins et même une « dame cochon » se prélasse au soleil en préparant sa prochaine portée au fond du jardin d’Haingo et Josoa. Il y a aussi des oiseaux aux faîtes des maisons et des coccinelles sur les feuilles. Les pluies sont peu abondantes malgré la saison humide mais tout est tout de même assez vert.

Ce qui nous donne le plaisir d’être là à encore une fois, c’est un nouveau « petit » projet avant un beaucoup plus grand qui devrait prendre environ 3 ans de réalisation.

D’abord le petit projet : il s’agit d’un écolodge. C’est un hébergement touristique, de type « maison d’hôtes » mais dont le choix des matériaux de construction et le fonctionnement prennent particulièrement en compte le respect de l’environnement. L’objectif principal, bien sûr, est de créer des emplois, ensuite d’offrir une possibilité d’hébergement à des volontaires sur des missions de renforcement de nos différents projets ainsi qu’aux stagiaires des artisans de l’espace micro économique et à des voyageurs intéressés par des vacances différentes dans une région qui valorise de plus en plus l’éco-tourisme.

Ce chantier n’est pas un chantier ordinaire puisqu’il offre une formation en alternance à 11 hommes et femmes pour leur donner les capacités d’encadrer de nouveaux stagiaires dans le cadre de la construction de l’école ; le « Grand projet » ; qui inclura un chantier formation qui concernera 90 personnes au total. Il se déroulera en partenariat avec un lycée technique d’Ambohidratrimo.

Chaque mercredi matin, Joaquim se transforme en professeur pour enseigner les bases essentielles de calculs qu’il est indispensable de connaître dans le bâtiment, mais aussi des connaissances plus générales pour la vie de tous les jours,  tout cela au travers d’exercices pratiques, ludiques, directement vérifiables dans la vie quotidienne. Il est efficacement secondé de Lova pour la traduction. Elle espère secrètement, mais pas de façon utopique, devenir institutrice, alors elle s’applique à reproduire au tableau et à transmettre à l’oral les consignes de Joaquim pour les différents exercices. Un jour peut-être, il faut toujours rêver des rêves ...

Les murs de l’écolodge sont sortis de terre. Son apparence change chaque jour. Nous commençons aussi les plantations de l’espace de verdure qui l’entourera comme dans un petit nid vert.

Le grand projet quant à lui est en effet la construction d’une école primaire publique qui accueillera 400 enfants venant d’un rayon d’environ 5 kms et qui sera construite dans le terrain adjacent de « Tsaratànana ». Nous finalisons les plans et les différentes options avec un architecte Malgache. Le comité de pilotage du projet est toujours étroitement associé à la réflexion tant sur les constructions que sur l’organisation de cette nouvelle école. Une présentation publique de ce projet se déroulera le 28 mars prochain.

Nos journées sont aussi bien occupées avec la rencontre de partenaires financiers et opérationnels potentiels pour l’école, mais aussi pour le développement de l’espace micro économique dans lequel nous progressons peu à peu dans un travail constructif avec les artisans déjà présents.

Une réunion menée par un organisme de micro finance malgache a rassemblée 35 femmes venant du quartier et des environs. Le but est la création d’une nouvelle antenne d’une association déjà existante de femmes solidaires pour aider à la création et l’accompagnement de petits projets économiques.  L’autre idée de cette association est d’enseigner l’importance de l’épargne.

Nous continuons aussi d’installer les ouvrages de la médiathèque. C’est un travail de fourmis, compte tenu de la quantité de livres dont nous disposons. Les femmes du quartier qui n’ont pas d’activité professionnelle se joignent volontiers à nous pour les trier, les répertorier et les couvrir.

La médiathèque a déjà plus d’une vingtaine d’adhérents. C’est aussi un support efficace aux cours de français et d’alphabétisation qui se déroulent chaque samedi. Les cours d’informatique vont bientôt débuter. Les ordinateurs sont prêts, le professeur est recruté. Il reste juste à organiser le planning des cours pour répondre aux nombreuses candidatures.

Le « Grain de Blé » organise toujours deux fois par mois un club d’enfants qui en rassemble maintenant plus de 80. A l’entrée du quartier, ils attendent longtemps à l’avance les moniteurs qui bravent courageusement les pistes détrempées pour arriver à Tsaratànana.

Un grand bonheur pour nous est l’arrivée de Nicolas, notre fils aîné, pour presque 3 semaines. Il vient voir de près ce que font ses parents dans l’autre hémisphère pendant près de 6 mois de l’année. Il a tout de suite été adopté par les enfants intrigués par sa ressemblance avec Joaquim. Toavina Soa qui n’a plus du tout peur des vahaza (étranger) lui fait la holà en levant bien haut les bras : «  Nicolas, Nicolas ! ».

Il a choisi d’initier les enfants à la manipulation d’une caméra, d’un appareil photo et au montage des images sur l’ordinateur pour faire un petit film dans lequel ils montreront leur vision de ce qui les entoure. Nicolas, lui sans doute, gravera des images et des sons indélébiles dans son cœur et sa mémoire. On ne peut pas rester indifférent à ce monde tellement autre, aux sourires donnés en dépit de tout, et aux rires en grelots des enfants.

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30 novembre 2009

CAP ESPERANCE

devient

YOCONTIGO

ESPERANCE, Solidarité Internationale

Pourquoi ce changement de nom ?

Une autre association « CAP ESPERANCE » avec laquelle nous n’avons aucune similitude d’activité ou de lieux géographiques d’interventions avait déposé en 1997 cette appellation à l’INPI (institut National de la propriété industrielle), ce que nous ignorions. Nous avons donc été dans l’obligation de changer notre nom...

Au sujet du nouveau nom...

YOCONTIGO (« moi avec toi » en espagnol que l’on peut aussi traduire librement par « ensemble ») dit en raccourci la philosophie de notre association : « FAIRE AVEC » c'est-à-dire impliquer au maximum les bénéficiaires de nos actions dans les différentes réalisations afin qu’ils prennent conscience de leur propre valeur.

Souvenez-vous du témoignage d’Eric, l’un des pères de famille, le jour de l’inauguration du quartier « Tsaratànana » (voir dernier courrier de la 4ème phase) :

«Regardez autour de vous ce que nous avons fait, n’hésitez pas à nous embaucher, nous sommes capables de faire tout cela ».

Cette phrase dit tout d’une dignité retrouvée mieux que beaucoup de grands discours.

Alors, dans l’avenir, même sans « CAP », nous continuerons, comme nous l’avons toujours fait, avec la même détermination, à faire en sorte que les mots : ensemble, espérance et solidarité portent des actes concrets

Il y a quelques semaines nous vous avions promis des nouvelles de Tsaratànana, les voici enfin. Nous sommes donc retournés à Madagascar en septembre et une partie d’octobre avec l’objectif principal de travailler sur le projet de construction d’une école publique pour 400 enfants, en partenariat avec la commune d’Ambohidratrimo, l’équipe d’enseignants de l’EPP d’Antohibe et l’association des parents d’élèves. Nous avons rencontré des représentants de l’éducation nationale qui ont confirmé le bien fondé de ce projet. Nous sommes prêts maintenant pour constituer un dossier de demande de financement. Des détails des différents projets vous seront donnés dans un prochain courrier.

Et à Tsaratànana ?

Ce que l’on peut dire en premier c’est qu’il y a beaucoup de  vie dans ce quartier. Le samedi, la maison communautaire ressemble à une ruche studieuse puisque les cours d’alphabétisation fonctionnelle pour les adultes se poursuivent chaque samedi matin alors que des cours d’expression française ont été mis en place à la demande de plusieurs personnes et se déroulent chaque samedi après-midi. La petite participation financière de ses 21 étudiants permet l’autofinancement de cette nouvelle activité. Les deux professeurs sont des professionnels chacun dans leur matière respective.

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Deux fois par mois, l’association du Grain de Blé anime dans les locaux et le terrain de sport,  un centre aéré pour une soixantaine d’enfants venant de tous les environs. Au programme, jeux collectifs, activités manuelles, chants, sketches etc. Voahangy, la directrice de cette association note avec satisfaction la participation active des mamans, pour la préparation du goûter par exemple, le dialogue avec les parents et aussi que les enfants font un effort particulier de propreté corporelle et vestimentaire pour venir au club. C’est aussi dans ce cadre que 13 enfants du quartier ont pu partir en colonie de vacances en septembre juste avant la rentrée des classes. Cette année, les 20 enfants en âge scolaire de Tsaratànana sont inscrits de la maternelle au CM2 et un premier est entré au collège en 6ème.

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La maison communautaire c’est aussi la médiathèque qui a de plus en plus d’adhérents, au total, à ce jour, une vingtaine de personnes, dont certaines viennent d’assez loin. Pour l’instant il n’y a que des ouvrages en français, principalement des encyclopédies et des livres illustrés pour les enfants. Nous avons le projet de la doter d’un fond de livres malgaches, tout en sachant qu’il y a peu d’éditions locales et sur un ensemble de sujets assez restreints. La médiathèque est ouverte 2 fois par semaine animée et gérée par 2 personnes du quartier.

Dans la salle polyvalente, nous avons réuni à 2 reprises plus d’une centaine de personnes pour la projection d’un dessin animé puis d’un film d’aventure. Eclats de rires et exclamations diverses, le spectacle était autant dans la salle que sur l’écran. A cette occasion, nous nous sommes souvenus avec les « pionniers » c'est-à-dire les 5 premières familles arrivées dans le projet,  de notre 1ère projection en pleine air, au milieu de nulle part, montrant les images des premières constructions dont nous étions déjà très fiers.

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Nous avons profité de notre séjour pour réaliser une évaluation sociale individuelle des familles en présence de l’assistante sociale. Ce qui est souvent revenu dans les propos  des uns et des autres c’est leur sentiment de bien être à vivre dans les maisons et le quartier : espace, propreté, jardin, mais aussi l’épanouissement des enfants grâce à l’école et aux différentes activités. Bien que tous les pères de famille aient une activité professionnelle il existe toujours quelques angoisses à propos du travail. La situation politique instable de Madagascar n’encourage pas vraiment à l’optimisme.

Suite à ces entretiens et à leur demande, depuis quelques semaines, le dimanche après midi, plusieurs familles se retrouvent pour parler de la communication dans le couple et avec les enfants. Ces rencontres sont animées par un couple Malgache formé à la médiation familiale.

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Du côté de l’espace des micro-entreprises Manitra développe son activité de tissage avec des matériaux de récupération  qu’il perfectionne en permanence. Sa production se vend bien. Sylvain, un autre artisan est venu s’installer dans le chalet voisin. Il réalise des tableaux représentant des scènes de la vie rurale malgache avec de la paille de riz collée.  Haingo, dans son épicerie/salon de coiffure, a une clientèle assez large mais une activité qui fluctue en fonction des ressources des gens. La crise politique ayant une incidence directe sur les revenus des ménages, en ce moment, les achats, quand ils sont possibles, sont uniquement alimentaires. Selon le World Food Programme, L’insécurité alimentaire touche environ 65% de la population malgache et 8 % de plus en période de soudure (entre 2 récoltes de riz).

Des contacts avec des organismes malgaches ont été pris dans l’objectif du développement de cet espace économique qui pourrait s’intégrer dans une organisation existant sur Antananarivo dans le but de créer des emplois.

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Nous avons contrôlé les arbres plantés dans le cadre du reboisement. A notre grande surprise, aucun n’est mort. Nous attendions avec impatience le retour de la saison des pluies, qui est arrivée depuis, pour voir reverdir les arbres et toute la végétation environnante. Nous avons pu constater que la culture du jardin par les familles est complètement intégrée: consommation familiale et vente des excédents à l’extérieur.

Les travaux communautaires d’entretien du quartier : nettoyage, arrosage des arbres sont réalisés tous les 15 jours par les familles et les 2 artisans occupant les chalets. Ils sont organisés par les représentants élus des familles.

Voilà un quartier qui vit, qui bouge et se développe avec et pour ses habitants et toute la population avoisinante.

                                                                                                                                                                                                                    A BIENTOT !

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05 novembre 2009

Toute l'actualité de YOCONTIGO est sur le blog :

http://assocapesperance.canalblog.com

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18 octobre 2009

Présentation de YOCONTIGO

plaquette en français :

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plaquette en anglais ( traduite du français par Thomas GELIN)

CAP_ESPERANCE_2009_ANGLAIS___Internet

plaquette en portugais ( traduite du français par Marilia BACAO)

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28 mai 2009

UN NOUVEAU QUARTIER EST NE!

« Tsaratànana, une aventure inoubliable ! » Exclamation en forme de slogan dite par Josoa, l’un des chefs de famille à la veille de l’inauguration du quartier qui a eu lieu le 18 avril dernier.

Combien il a raison ! Sans doute faudrait-il un livre pour relater tous ces mois intenses et riches qui nous ont tous changer, mettre des mots sur tant d’émotions, probablement aussi nombreuses que toutes les briques qui ont été nécessaires pour transformer l’utopie en réalité et un petit hectare sur les presque 60 millions que compte Madagascar, en un lieu d’espoir et de vie. Et pourtant, l’histoire reste à écrire, ce n’était là que le 1er tome.  Le stylo reste entre les mains des familles et de ceux qui les accompagnent mais aussi encore un peu à nous aussi à la manière du « Petit Prince » de Saint Exupéry  dont les paroles résonnent dans notre cœur :

«  C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir. Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose... Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir. »

Toutes ces considérations ne sont pas très techniques me direz-vous. Peut être faudrait-il à ce moment de l’histoire, pour paraître plus sérieux, donner des chiffres, des statistiques. Cela viendra rassurez-vous ! Mais aujourd’hui laissez moi me promener à petits pas dans mon jardin et me dire : « cela valait la peine tant de nuits d’insomnies, de démarches trop souvent stériles ; pas toujours, heureusement !, de déceptions, d’incompréhensions. Les sentiers vers les sommets sont difficiles, la tentation est grande de rebrousser chemin. Mais voilà,  il y a les rencontres, les encouragements, le compagnonnage et puis on arrive au but et que ce que l’on découvre est tellement mieux que tout ce que l’on a pu imaginer dans nos rêves les plus fous . La vie n’est heureusement pas enfermée dans les limites que nous lui avons fixées. Elle bouillonne parce qu’il y a derrière tout cela une aventure profondément humaine. Nous avons fait ensemble un chemin merveilleux, pas du tout idéaliste mais plutôt fait d’ajustements permanents. Un chemin avec ses contradictions et ses éclats de rire. Que dire ? Chaque expérience de vie nous change profondément pour peu que nous le permettions. Alors, et si c’était à refaire ? « Oui », deux fois « oui » nous le referions .

   

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J’en suis là dans mes rêveries et je devine votre impatience à savoir ce que nous avons fait en définitive durant tout ce temps sur cette belle île de Madagascar et en particulier ces trois derniers mois. Je commencerai par la fin si vous le permettez. C’était le 28 avril. Lalao et Pierre, Bernadette et Jacques, les deux dernières familles entrées dans le projet se sont dit « oui » devant Monsieur le second adjoint de la commune d’Ambohidratrimo (et non moins secrétaire de l’association « Miara Dia »). Belle image symbolique pour clore ce premier volet de l’histoire. A Tsaratànana sur le tapis rouge de latérite nous aurions pu faire notre montée des marches tellement tout le monde était beau. Chacun avait mis la main à la pâte pour préparer la fête. La joie présente n’était pas feinte. C’était un bel esprit de famille.

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Nous avions l’objectif de l’inauguration du 18 avril pour finir les travaux. Challenge infernal comme d’habitude, mais on peut dire atteint à quelques petits détails près. C’est d’une voix émue qu’Eric (un des chefs de famille) a pris la parole devant l’assemblée venue nombreuse pour cet évènement qui était sans doute une bouffée d’espérance dans le marasme ambiant depuis 3 mois . Porte parole des familles Il a exprimé la reconnaissance de chacun et surtout chose importante il a dit en substance «  regardez ce que nous avons fait, n’hésitez pas à nous embaucher, nous sommes capables de faire tout cela ». Es-ce que ce ne sont  pas là les paroles d’un homme debout ?

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Ensuite sont venus d’autres discours dont celui de Mr Clovis Arthur, maire d’Ambohidratrimo qui a placé cette manifestation dans une perspective hors politique, ce qui était important dans le contexte actuel. Il a remercié CAP ESPERANCE, les bailleurs et les donateurs qui avaient permis chacun à son niveau de réaliser les projets en faveur des pauvres qui tenaient à cœur à la commune depuis plusieurs années. Il a également profité de ce moment pour annoncer un nouveau partenariat possible avec CAP ESPERANCE, mais nous reparlerons de cela au chapitre « projet ». Une plaque commémorative offerte par la commune a été placée sur la stèle où sont aussi inscrits les noms d’une grande partie de ceux qui ont participé par leurs dons à la réalisation de ce quartier ainsi que les logos des bailleurs institutionnels.

Sur les photos insérées dans ce texte et sur les albums vous pouvez voir qu’effectivement tous les objectifs de construction ont été atteints.

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Comme nous l’avons indiqué dans le courrier précédent, les démarches administratives permettant la structuration du centre de gestion et l’ouverture de la crèche n’ont pas été possibles à cause de la crise politique. Toutefois, nous espérons pouvoir concrétiser tout cela dans les mois à venir. Techniquement en tout cas, tout est prêt.

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L’envoi de livres et d’ordinateurs par le CA de CAP ESPERANCE a permis l’installation de la médiathèque qui rappelons-le est ouverte à toute la population locale. Une initiation à l’informatique pour adultes et enfants est en projet.

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Dans le domaine de l’éducation, une formation d’alphabétisation fonctionnelle a été mise en place pour des adultes depuis le 14 mars. Elle se déroule tous les samedis. Nous avons également des demandes pour des cours d’apprentissage de la langue française.

Les loisirs ne sont pas en reste. Le 4 avril s’est déroulé le second tournoi de football organisé par Lala, avec une participation encore plus importante que la 1ère fois. Le trophée était assez original. C’était une brebis, vivante bien sûr et pleine d’après les spécialistes. Elle est repartie tenue en laisse, revêtue d’un maillot de foot  avec l’équipe victorieuse.

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Deux fois par mois, l’association du grain de blé anime un club d’enfants issus de Tsaratànana mais aussi des quartiers environnants. Ils nous ont présenté quelques-uns de leurs chants lors de la fête de l’inauguration. Des colonies de vacances sont prévues pour cet été. Les enfants attendent ces moments avec beaucoup d’impatience.

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Le groupe Ny Ako  nous a de nouveau offert un spectacle de qualité lors de l’inauguration. Leurs chants et leur musique ont largement attiré le voisinage.

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Sur le plan de la santé, un nouveau partenariat a été mis en place avec l’office national de nutrition (ONN). Il porte sur la plantation à Tsaratànana dans un premier temps de 100 pieds d’ananambo offerts par l’ONN. C’est un arbre dont les feuilles et les fruits sont une vraie mine d'or. En effet, plusieurs recherches ont démontré que l'ananambo possède plusieurs vertus et atouts qui peuvent aider à lutter efficacement contre la malnutrition. C'est un arbre à usages multiples, résistant à la sécheresse, particulièrement facile à multiplier et dont la croissance est très rapide. Des analyses nutritionnelles ont montré que les feuilles de « Moringa oleifera » (nom scientifique) sont plus riches en vitamines, minéraux et protéines que la plupart des plantes comestibles. Le partenariat devrait être complété par des actions de formations spécifiques à l’utilisation de cette plante dans l’alimentation au quotidien et dans le séchage de ses feuilles qui pourraient être destinées à la vente et donc être une source de revenus .

Il y aurait sans doute encore beaucoup de choses à dire, mais avant tout « merci » à Dieu. On peut faire beaucoup de choses sans lui, mais encore plus avec lui, par la Foi qu’il met en nous pour nous aider à surmonter les obstacles, à croire en l’incroyable et surtout à aimer. Merci à tous ceux qui nous ont accompagnés : le CA de CAP ESPERANCE, notre famille, tous nos amis, l'association des amis de CAP ESPERANCE et en particulier Gaby qui nous a rejoints 3 fois pour mettre son dynamisme et son enthousiasme au service du projet, les donateurs connus ou inconnus qui ont tellement touchés les familles parce qu’ils se souciaient d’elles, les bailleurs pour leur confiance, la commune d’Ambohidratrimo et tout le réseau amical et professionnel tissé à Madagascar dont les membres de Miara-Dia qui se sont courageusement engagés à nos côtés dans cette difficile mais incroyable aventure.

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Maintenant il faut continuer le chemin, de la même façon c'est-à-dire en unissant les forces, les capacités et les moyens de chacun. Nous pensons que le projet sera complètement réussit lorsque les familles s’engageront pour transmettre ce qu’elles ont reçu comme des « passeurs d’espoir » afin que d’autres puissent entrer à leur tour dans cette marche en avant.

Les projets

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Comme annoncé u peu plus haut, CAP ESPERANCE a déjà été sollicitée pour participer à la réalisation d’un nouveau projet. De quoi s’agit-il ?

L’école publique du fokontany d’Antohibe (quartier d’Ambohidratrimo dont dépend Tsaratànana) accueille actuellement 260 élèves dans 3 classes assez rudimentaires. Dans quelques années, suivant une enquête démographique et en prévision de l’intégration de nouvelles sections,  ils devraient être environ 400. Il est donc urgent de prévoir de nouveaux locaux plus adaptés à l’accueil de tous ces enfants. Pour des raisons de surface, le choix d’implantation s’est porté sur un terrain adjacent à Tsaratànana (ce qui n’est pas pour nous déplaire). La commune nous a officiellement demandé de l’aider à réaliser cette nouvelle école par de l’ingénierie de projet mais aussi, on s’en doute pour trouver les fonds indispensables à cette réalisation. Pour rassembler les éléments nécessaires à la conception d’un tel projet, nous avons constitué un comité de réflexion formé d’enseignants, de responsables d’associations de parents d’élèves et de responsables de la commune. Nous avons réfléchi sur un concept d’école idéal (suivant des critères malgaches) et dégagé quelques orientations indispensables : 9 classes, une cantine, des espaces de sports et de loisirs tout cela dans un cadre intégrant tout une dimension écologiques  portant sur le recyclage, le traitement des eaux usées et la récupération des eaux pluviales, le tri sélectif, le reboisement, l’utilisation d’énergies renouvelables. Ce sont là les grandes lignes sur lesquelles il va falloir travailler en détail pour arriver à un projet cohérent. Nous aimerions ajouter une dimension supplémentaire par le biais d’un « chantier/formation destiné à accroître les compétences d’ouvriers volontaires pour recevoir des formations pratiques et théoriques. Autres atouts et objectifs : optimiser les équipements collectifs de Tsaratànana : atelier de menuiserie, salle polyvalente pour les formations etc.

                                                                                                                                                      A bientôt !

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16 mars 2009

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2ème lettre de nouvelles de la 4ème phase

Antananarivo le 16 mars 2009

Notre dernier rendez-vous épistolaire date d’un mois et demi, où en sommes-nous ? Si de loin vous ne comprenez pas ce qui se passe à Madagascar, soyez rassurés, nous non plus ! La formule est un peu exagérée mais elle reflète assez bien le sentiment général. Prenez 3 journaux, (francophones de préférence si vous êtes vazaha*) de ceux qui peuvent encore paraître, écoutez RFI et allez faire un petit tour sur Internet. Les informations relatées sont si contradictoires que vous êtes bons pour la migraine si vous essayez d’y comprendre quelque chose. Entre affirmations, rumeurs et démentis où est la vérité ?

* (« étranger » en malgache)

Cela prêterait à sourire si les conséquences n’étaient aussi dramatiques pour la population. Tous les domaines de la vie des Malgaches sont affectés : travail, scolarité des enfants, déplacements, pouvoir d’achat, amitiés, opinions personnelles qui peuvent faire de vous la cible de l’un ou l’autre camp. Mieux vaut ne pas avoir dans son voisinage immédiat un personnage politique, des entreprises ou des espaces commerciaux ou tout autre symbole de richesses si vous ne voulez pas être victimes de dommages collatéraux lors des pillages et autres exactions.

La pauvreté est instrumentalisée, alors que ceux qui en souffrent sont paradoxalement les premières victimes de ce conflit. A cause des emplois perdus, même précaires, le kapok* de riz des pauvres restent désespérément vides. Voilà un tableau bien noir qui ressemble au ciel, juste avant l’orage...

* (Mesure usuelle du riz équivalent à environ 350 gr) 

D’un tour d’horizon général, qui n’est toutefois pas sans incidences sur le reste,  revenons à ce qui nous intéresse et qui est la raison de notre présence ici à Madagascar : « Tsaratànana ».

Nous pouvons dire, enfin une éclaircie dans le ciel sombre, que tout va pour le mieux. Les matériaux, en général, ne manquent ni en quantité, ni en diversité. La seule difficulté est que par peur des pillages, les entrepôts et magasins ferment à la moindre alerte et cela pose des problèmes d’approvisionnement. Il faut trouver la bonne « fenêtre » d’ouverture et s’adapter... toujours s’adapter.

Sinon, les travaux de finition de la maison communautaire avancent bien. Les hommes ont bénéficié d’une formation à la pose et aux finitions du PLACOPLATRE donnée par Joaquim. Ils sont très emballés. C’est spectaculaire et pas courant ici.

Njaka, un de nos maçons a réalisé une superbe cheminée en briques dans la salle polyvalente dont il est très fier. Vous vous demandez sans doute : « mais à quoi peut bien servir une cheminée à Madagascar ? » D’abord, c’est convivial, ensuite, sur les Hauts Plateaux, on ne dit pas non à une petite flambée durant la période hivernale ; même dans l’hémisphère Sud.

Les branchements électriques sont presque finis, même si pour l’instant l’énergie sera fournie par un groupe électrogène. L’électricité de la JIRAMA (EDF locale) arrivera bien un jour.

Après une formation, Norbert s’applique sur le jointement des briques sur les façades des maisons et des différents bâtiments.

Cette 4ème phase comprend beaucoup de finition dont plusieurs m² de peinture sur les murs et les sols de la maison communautaire et du centre de gestion sans oublier certaine maison. Nous avions une équation à résoudre : d’un côté ; il nous fallait de bons peintres, d’un autre côté nous avions plusieurs femmes qui peinaient à trouver des emplois où elles n’étaient pas exploitées ; le 8 mars n’a pas encore tenu toutes ses promesses .... Alors,  quelques femmes sont entrain d’être formées à devenir des professionnelles de la peinture et des finitions. Au début, les hommes ont regardé tout cela d’un œil goguenard et un rien sarcastique, traquant le moindre défaut. Aujourd’hui, ils doivent bien reconnaître que même si à la fin de la journée elles ont un peu de peinture sur le bout du nez, leur travail est en plein progrès et parfois mieux que certains hommes, ça on le dit tout bas pour ne pas les vexer. Leur formation, tout comme leur « collègues »,  fera l’objet d’une validation d’acquis avec la délivrance d’un certificat. Il paraît que des femmes dans le bâtiment, à Madagascar, c’est aussi une révolution ! Mais celle là,  a les couleurs de l’arc en ciel.

Dans la lettre précédente, nous vous avions promis de vous présenter un peu mieux nos 2 entrepreneurs, pionniers dans la pépinière de micros entreprises.

Nous les avons interviewé, voici en premier le témoignage de Haingo qui gère l’épicerie et le salon de coiffure. Elle, son mari, Josoa et leur petite Kanto sont entrés dans le projet « Une Famille, Un Toit » lors de la seconde phase, il y a bientôt un an :

CAP ESPERANCE : « Haingo, tu as commencé ton activité depuis 4 mois maintenant, comment cela se passe-t-il ? »

HAINGO : «  Au début, pour l’épicerie, j’ai du trouver des fournisseurs, j’avais fait une petite enquête parmi les familles pour connaître leurs habitudes d’achats pour mes premières commandes. Aujourd’hui, ça marche bien, beaucoup de monde vient acheter »

C.E : « justement, d’où viennent tes clients, es-ce que ce sont uniquement les familles du quartier ? »

H. : « Non pas du tout »  NDLR  (là, Haingo, étend le bras et fais un large cercle qui englobe tout le paysage »),

«  Le « peuple » (c’est si mignon que je ne la corrige pas !)  vient de là et de là » (A ce moment, elle m’énumère plusieurs villages et fokontany environnant)

CE : « tes clients sont-ils réguliers ? »

H : « je les vois presque chaque jour. Ils sont contents de trouver ici l’essentiel de ce dont ils ont besoin. A cause des problèmes financiers, encore plus important depuis la crise, ils n’achètent que de petites quantités à la fois. La plupart vivent au jour le jour »

NDLR : et en effet, durant l’interview, quelques clients sont venus, ils achètent une ou deux cuillères d’huiles, quelques grammes de sucre ou de café, ½ bouillon cube ou l’équivalent de 2 tranches de pain. Je reste éberluée. Haingo elle, imperturbable remplit les divers récipients qui lui sont tendus pour mettre ces maigres denrées. Le cadeau de la maison, c’est son joli sourire qu’elle offre à tous, sans distinction.

CE : « Quels sont tes projets ? »

H : « j’aimerai faire quelques aménagements supplémentaires pour rendre l’épicerie plus attractive, des présentoirs extérieurs pour les fruits et légumes en particulier. »

CE : « Et la coiffure ? »

H : « cela a eu un peu plus de mal à démarrer, l’esthétique vient après les autres besoins. Mais maintenant, j’ai de plus en plus de clientes et de clients, surtout depuis que tu m’as aidé pour la déco »

Là, elle rit en regardant les photos de mode découpées dans des magazines et plastifiées pour faire plus « pro ». Mais ses clientes ne s’extasient même pas devant la photo de Georges Clooney (la seule photo d’homme que nous ayons trouvée). De toute façon, elles ne savent pas ce que veut dire « What else ? » et ne boivent pas de « Nescafé » !

Haingo bénéficie d’un accompagnement pour l’aider dans la gestion des stocks, la gestion et l’organisation de sa petite entreprise et dans la comptabilité.

Manitra, (se prononce Mandj) lui,  n’est pas issu du quartier. Il se présente en quelques mots :

« J’ai 36 ans, je sui célibataire. Je suis issu de la région d’Analamanga. Mon père était fonctionnaire alors j’ai eu l’occasion de vivre dans différents lieux de Madagascar. J’ai un niveau bac+2 en mécanique. Je n’ai jamais vraiment exercé ce métier. Je me suis tourné assez rapidement vers le tissage de la soie. C’est un métier qui se pratique dans ma famille, surtout par les femmes, depuis 7 générations. Au départ, c’est ma grand-mère et de l’une de mes tantes qui m’ont initié. Ensuite, j’ai approfondi ma formation en passant par toutes les étapes : élevage des vers à soie, filature, teinture végétale et ensuite tissage. »

CAP ESPERANCE : « comment êtes vous passé de la soie aux matériaux de recyclage ? »

M. : « Récemment, j’ai fait une formation avec « Madacraft ». Ils m’ont sensibilisé à l’utilisation de matériaux de recyclage et au respect de l’environnement pour créer, à partir du tissage, des objets originaux. J’ai imaginé quelques modèles de ceintures à base de sachets plastiques et de bricks (type Tetra Brick). Je travaille à la création d’autres accessoires, de mode principalement. Avec cet organisme, j’ai reçu aussi une formation assez poussée pour diriger une entreprise : organisation, gestion, comptabilité et commercialisation de mes produits. Ma formation a été validée suite à la production d’un mémoire. »

CE : « comment êtes vous arrivés à Tsaratànana ? »

M : « J’avais envie de réaliser mon entreprise dans un cadre social, proche d’une association. Miza (Miza est la Présidente de Miara-Dia) qui était l’une de mes formatrices m’a parlé de « Tsaratànana » et du projet de pépinières de micro entreprises. L’idée m’a séduite et je sui venu. »

CE : « quels sont vos projets ? »

M : « Dans un premier temps, J’envisage de former quelques personnes afin de leur procurer un emploi. A plus long terme, j’aimerai construire un atelier plus grand qui me permette de mettre davantage de métiers à tisser et d’élargir ma production. »

CE : « quels sont vos réseaux de commercialisation ? »

M : « la vente locale en premier puis la vente en ligne via le réseau « Madacraft »

CE : « avez-vous complètement abandonné l’idée de travailler la soie ? »

M : « Non, bien sûr. J’ai dans mes cartons des projets de création de bijoux en soie »

Voilà, vous connaissez un peu mieux nos deux premiers locataires de la pépinière. (Leurs photos sont dans l’album). Nous espérons qu’ils seront bientôt rejoints par d’autres. Enfin dès que « les évènements » ou « la crise », deux expressions très familières à Madagascar en ce moment, seront réglés. Personne n’ose rien entreprendre et nous même, nous sommes bloqués dans nos différentes démarches. Tout cela est très frustrant. Nous avons les personnes au téléphone, mais aucun rendez-vous n’est possible : le centre de Tana n’est pas très sûr pour les « vazaha » et même pour les Malgaches d’ailleurs. Nos interlocuteurs n’osent pas s’aventurer hors de leurs bureaux, d’autant plus que certain ne savent même plus qui est la tête hiérarchique de leur organisation. Nous essayons tout de même de faire avancer les choses, mais ce n’est pas facile. Nous progressons malgré tout, pas aussi vite que nous le voudrions, dans l’organisation de la maison communautaire : crèche, point santé, médiathèques, salle polyvalente.

Mais dans tout cela, nous avons aussi nos petites gouttes de rosée : les premiers pas de Tsiresy, heureux comme le 1er astronaute sur la lune, les « 2 » que Willy, assis sur mes genoux, dessine dans mon agenda avec force discours que je ne comprends pas à son grand désarroi, Julio, son petit frère qui se déplace sur les fesses à la vitesse de l’éclair et Tsaratiana notre petite dernière que toutes les mamans s’arrachent comme un trésor pour la tenir dans leurs bras . Et comme ça plein de petites histoires de vie, des enfants, des parents et de nous au milieu d’eux. Vivant proches, travaillant ensemble tandis que tout s’agite là bas ... à Tana.

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04 février 2009

"TONGA SOA" à TSARATANANA

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LES 1ères NOUVELLES DE LA 4ème PHASE

La vision de Tsaratànana nous a émerveillés quand nous sommes arrivés en haut du chemin; tout est vert ! En s’approchant c’était encore plus beau. Grâce aux pluies abondantes depuis novembre, les arbres ont beaucoup poussé, le gazon est vert, il y a beaucoup de fleurs et les jardins sont magnifiques !

Un peu avant, sur la piste, nous avions fait toute une moisson d’enfants venus à notre rencontre pour nous accueillir. Ils sont beaux, tout sourire. Cette fois ci, record absolu, nous étions 15 dans la 4L pour franchir les derniers mètres nous séparant du quartier.

Ici, nous sommes un peu comme chez nous. Heureux de retrouver nos amis, de découvrir le joli petit minois de Tsaratiana, la fille de Lalao et de Pierre, née ici le 12 janvier. Dans son abandon, nichée au creux des bras de sa mère, elle ne sait pas qu’elle aurait pu naître comme ses frères et sœurs sous des bâches dans la rue à Tana. Mais voilà, les choses ont heureusement changé pour la famille. Le sourire rassuré de ses parents en dit plus  que de longs discours.

«  ... Quand on veut une chose, tout l’univers conspire à nous permettre de réaliser nos rêves ... » L’alchimiste - P. Coelho

Nous faisons ensemble le tour du quartier. Nous constatons encore une fois combien les lieux ont été entretenus, respectés. Sachant d’où viennent ces familles, c’est vraiment remarquable.

Nous ne voulons pas gâcher ces moments de bonheur en évoquant les évènements politiques difficiles qui se déroulent au cœur de la capitale à quelques kilomètres de là. Demain il sera temps de comprendre et d’aviser.

Bien sûr, nous l’avons vite compris ; les choses se sont singulièrement compliquées ; déplacements, approvisionnements et incertitudes de toutes natures. Il va falloir s’adapter et s’organiser autrement. Mais ça n’est pas le plus grave.

Nous sommes tristes pour la population malgache qui n’avait pas besoin de ce « cyclone » supplémentaire. Les gens sont choqués par la violence et les pillages qui ont eu lieu. Fidèles à leur réserve, peu s’expriment sur le fond, ou en tout cas pas ouvertement. Les dégâts matériels sont importants dans la capitale, les dégâts humains le sont tout autant, bien que moins visibles. A cause des évènements, beaucoup sont sans emploi, c’est à dire sans aucune ressource. La crainte s’est installée. Il faut attendre.

Lundi 2 février, comme prévu nous avons redémarré le chantier. Beaucoup d’hommes se tenaient accroupis,  à l’entrée du quartier. Nous n’avons malheureusement pas pu les prendre tous, d’autant plus, que nous avons du réintégré 8 chefs de famille sur 10 en chômage technique pour cause de coup d’état « verbal » comme disent les médias...

D’un point de vue travaux, cette 4ème phase comprend uniquement des finitions qui ne nécessitent plus autant d’ouvriers. La maison communautaire résonne déjà de toutes parts de bruits de scie, de burins, de perceuse  pour les travaux dans la crèche, le point santé, la médiathèque, la cuisine, les toilettes et la salle polyvalente. Les finitions des deux dernières maisons sont aussi en cours. L’aménagement du centre de gestion suivra.

Nos autres objectifs pour cette 4ème phase sont : le démarrage de tous les services de la maison communautaire (voir ci-dessus), du centre de gestion pour la pépinière de micros entreprises, l’évaluation du projet et le transfert de compétence à l’association Miara-Dia.

Il n’y a plus beaucoup d’espaces disponibles dans les jardins mais nous avons tout de même entrepris des semis dans les châssis avec des graines de légumes à croissance rapide et aussi des fleurs pour le plaisir. J’ai rappelé à Lova, Ninie, Eugénie, Vero, Voahangy, les cinq 1ères femmes arrivées dans le projet, nos difficiles débuts en jardinage, quand nous attaquions à coup de pioche et avec un espoir mitigé cette terre aride et caillouteuse. Elles ont beaucoup ri en minant les sacs de terre transportés sur la tête, les brouettes grinçantes et les reins douloureux. Aujourd’hui, nous voyons avec bonheur le résultat de tous ces efforts et nous sommes fières.

Haingo nous a fait visiter son épicerie/salon de coiffure. Les étagères sont un peu vides en ce moment ...mais les clients sont tout de même au rendez-vous.

Nous avons fait la connaissance de Manitra (prénom qui ne se dit pas du tout comme il se lit !). Il est le premier artisan à s’installer dans la pépinière de micros entreprises. Il fabrique des accessoires de mode ; ceintures, pochettes, sacs, à partir de matériaux de récupération qu’il façonne avec un métier à tisser. C’est ingénieux, original et joli. Il envisage la formation et l’embauche de quelques femmes du quartier. Nous présenterons Manitra et son travail plus en détail dans une prochaine lettre de nouvelles.

Nous rencontrerons prochainement nos amis de Miara-Dia pour faire le point sur les 3 mois écoulés, évoquer et organiser l’avenir.

Comme prévu l’association « le Grain de Blé » organise un club de loisirs deux fois par mois à Tsaratànana. 40 enfants participent régulièrement aux activités. Beaucoup viennent des quartiers environnants. Les échos sont très positifs.

La 1ère journée est achevée. Nous quittons le quartier dans la lumière rasante de cette fin d’après midi d’été. Des femmes discutent autour du puits, les enfants jouent et Lalao, dans la plate bande devant sa maison, s’occupe de ses fleurs. Nous sommes heureux.

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03 novembre 2008

TSARATANANA le 26 octobre 2008

les_constructions

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RETOUR EN FRANCE!

La 3ème phase du projet « Une Famille, Un Toit »

s’est déroulée, comme les 2 premières dans un véritable tourbillon.

Et voilà, c’est déjà fini !

La belle image à garder, belle comme une naissance qui fait oublier les douleurs de l’enfantement : les visages rayonnants de Pierre et Lalao quand eux et leurs 3 enfants déménageaient sur leurs têtes leurs maigres effets du chalet vers leur maison. Peut-on vraiment imaginer ce que signifie pour cette famille s’installer dans une maison, leur maison, elle, qui depuis au moins 3 générations vit à proximité des décharges sous des abris de fortune ? 

la_maison_de_Pierre_et_Lalao__avant__

La maison de Pierre et Lalao avant!

      

Lalao_et_Pierre

                                            Pierre, Lalao, Jaona, Sandra, Christian devant leur maison à Tsaratànana

Nous sommes de retour en France. Maintenant il faut se poser un peu pour analyser le vécu de ces trois derniers mois tout en s’interdisant, au moins un petit peu, mais comme c’est difficile !, de préparer dans notre tête la 4ème phase qui sera une phase de finitions des locaux mais aussi d’évaluation et de transfert de compétences progressif vers MIARA-DIA ( « Marcher Ensemble »).

Nous avons, ensemble, avec toute notre équipe : familles, ouvriers et partenaires, atteint nos objectifs. Quand nous regardons la maquette aujourd’hui, il y a désormais une image bien claire qui se superpose dans notre tête, c’est celle du quartier tel qu’il est aujourd’hui, tout à fait conforme aux plans initiaux, la vie et des cris d’enfants en plus.

maquette

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Toutes les constructions sont achevées : maisons, centre de gestion, maison communautaire, lavoirs et vestiaires de sport, atelier, toilettes publiques ainsi que tout le réseau d’évacuation des eaux et la délimitation des espaces de circulation (rue, trottoir, chemin). Il reste maintenant les finitions intérieures de certains bâtiments.

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la salle polyvalente de la maison communautaire

Un effort tout particulier a été fait sur l’éducation au respect de l’environnement : la mise en place de toilettes sèches, avec quelques résistances culturelles externes au quartier... , le tri sélectif et la recherche d’une filière de recyclage des plastiques en particulier, à ce sujet, quelques idées commencent à prendre forme, la culture des jardins potagers en utilisant le compost réalisé avec les familles, l’utilisation progressive par les femmes des cuiseurs solaires et bien sûr le reboisement de l’ensemble du quartier. Nous comptons sur la saison des pluies pour arroser tous les arbres plantés. Il y en a 500 au total. On les voit à peine dans tout ce rouge, ils sont encore tout petit. Ils pousseront à leur rythme mais ils pousseront, c’est le sens de la vie.

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Tout comme, d’ailleurs, les familles qui avancent pas à pas vers l’autonomie en prenant de plus en plus conscience de leur valeur et de leurs talents. Tout cela demande aussi du temps et de la patience. Il ne suffit pas de ...

Ils seront accompagnés dans leurs efforts par les membres de MIARA-DIA (l’association partenaire de CAP ESPERANCE), qui s’investissent déjà dans tous les projets en cours et dans l’accompagnement social qui viendra consolider l’ensemble des formations réalisées pour les femmes dans les domaines de la santé, de l’hygiène, de l’éducation, de la gestion du budget, de l’alimentation.

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Toavisoa

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Willy, prêt pour l'école!

Un club d’enfants, verra le jour courant novembre. Il proposera diverses activités de loisirs et d’éveil aux enfants du quartier et des environs deux fois par mois. Il sera animé par une équipe de l’association « Le Grain de Blé » dirigée par Voahangy.

L’atelier, maintenant bien équipé, a déjà commencé à fabriquer des toilettes sèches destinées à la vente. L’idée n’est pas de faire du business, mais de permettre à des familles, en particulier  en milieu rural, d’accéder à un meilleur niveau de confort et d’hygiène tout en créant à terme quelques emplois. Pour faciliter une bonne utilisation, nous avons fait réaliser par un artiste local, une bande dessinée à vocation pédagogique fournie aux acheteurs lors de la vente.

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Haingo aura bientôt le feu vert pour l’ouverture de l’épicerie dont elle sera gérante et de son salon de coiffure pour lequel elle a reçu un micro crédit pour les différents équipements. Il y a encore quelques détails administratifs à régler. Le statut de gérante pour l’épicerie lui permet de ne pas alourdir son taux d’endettement. Miara-Dia sera son employeur et Miza sa conseillère et formatrice.

Trois familles bénéficient maintenant de l’éclairage électrique grâce à un convertisseur qui transforme l’énergie d’une batterie 12V en 220V. Les autres familles seront équipées progressivement.

Durant notre séjour, nous avons eu la joie d’avoir quelques visiteurs de France : Jean-Marc de l’association « Projets, + Actions », Jackie et Christian de Eth, membres de CAP ESPERANCE, un groupe en voyage à Madagascar et amené à Tsaratànana par un Soissonnais et bien sûr Pierre et France-Lise Belmant (Président et Secrétaire de CAP ESPERANCE). C’était important qu’ils puissent voir de leurs yeux ce projet porté par l’association depuis 2007 et connaître les familles, les membres de Miara-Dia et certains partenaires comme en particulier la commune d’Ambohidratrimo.

France_Lise_et_Angelina

Christian__nergiquement_

Dans leurs bagages ils avaient amenés beaucoup de choses pour équiper la crèche : des jouets, jeux, du matériel  éducatifs ainsi que beaucoup de briques (en plastique celles-ci !) pour initier à la construction  les futurs bâtisseurs en culottes courtes. On le dit tout bas, mais même les mamans, mine de rien, construisaient leur petite maison en « lego ».

France-Lise assistée d’Angelina a mis ses talents d’infirmières très appréciés au service de certaines formations auprès des femmes et des enfants : les gestes de premiers secours, l’hygiène bucco-dentaire et sa séquence  « rire » lors de la mise en pratique avec les brosses à dents rigolotes qu’ils avaient amenés dans leurs valises, l’éducation concernant la santé de la reproduction avec son débat très animé, l’hygiène corporelle avec mise en pratique... et un jeu de l’oie géant pour récapituler le tout . Elle a même gonflé des ballons pour faire des têtes de clowns aves les enfants.

France_Lise_et_les_ballons

Pierre de son côté a introduit dans les toilettes publiques un élément de confort tout occidental avec l’eau au lavabo grâce à un bidon extérieur équipé d’un robinet. L’eau, le savon, tout est  là pour assurer une bonne hygiène des mains !

Grâce à lui aussi, maintenant à Tsaratànana, on peut lire l’heure aux cadrans solaires qu’il a mis au point et installé sur la stèle qui recevra le nom de tous les donateurs. Dans le quartier l’innovation est partout !

Pierre_2

cadrans_solaires

Un grand merci à Miza, Angelina et Johnny, Estera et Tovo, Lala, Norosoa, Cadet, Vincent de Paul de nous avoir rejoint dans cette belle aventure au travers de l’association Miara-Dia et à Haingo et Tiana qui seront le lien indispensable entre les familles et l’association.

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02 octobre 2008

TSIRESY

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PHASE 3 : 2ème lettre de nouvelles

Si notre  planète était plus petite, je ferai comme le Petit Prince de Saint Exupéry qui aimait tant voir des couchers de soleil ; moi, je marcherai pour suivre la course du printemps autour du monde. C’est tellement agréable de voir tout reprendre vie peu à peu : les rizières toutes piquetées  de jeunes pousses de riz, les arbres en fleurs et la grisailles des herbes desséchées qui peu à peu se laissent submergées par une vague vert tendre qui fera prochainement les délices des zébus qu’on laissera aller après les mois d’hiver . Vision pleine d’espérance quand la fatigue physique s’accumule et que le courage est parfois mis à rude épreuve...

Dans notre petit monde de Tsaratànana, le printemps arrive aussi. Il fait pousser d’étranges fleurs. Certaines sont en briques et en tuiles tout droit sorties de la terre rouge de Madagascar. Au dire de tous, elles ont une croissance très rapide. Elles deviendront dans peu de temps maintenant, les maisons d’habitation des deux dernières familles arrivées, le centre de gestion, la maison communautaire ainsi que le lavoir/vestiaires du terrain de sport.

La charpente de la maison communautaire est en elle-même une véritable prouesse technique compte tenu, bien sûr, des équipements à disposition. Les poutres maîtresses sont fabriquées par assemblages (type lamellé collé) directement sur leur emplacement définitif. Il n’aurait pas été possible de les hisser après fabrication, puisqu’elles sont très lourdes et qu’il n’y a pas de moyens de levage.

Il y a aussi maintenant, sur la place, une stèle qui recevra, en signe de reconnaissance, le nom de tous ceux, institutionnels ou particuliers, qui ont contribué à la création de ce quartier. La rue et le trottoir en pavés sont entièrement finis ainsi que le tour du puits.

Nos 10 familles sont maintenant toutes là. Il y a Bernadette et Jacques ainsi que leurs quatre enfants : Faniry (6 ans), Vonghy (5 ans), Jean-Freddy (3 ans) et Emilienne (10 mois). Ils habitaient Ambohidratrimo dans une pièce d’environ 7m² et vivaient d’emplois précaires.

Il y a aussi Lalao et Pierre ainsi que Christian (10 ans), Sandra (8 ans) et Jaona (1 an) et un autre petit en devenir. Leur situation à eux était particulièrement terrible. Ils habitaient à Tana sous des bâches en plastique, collées à une benne à ordures. Ils viennent de loin, mais ont vraiment le désir que leurs enfants puissent  vivre une autre vie que la leur. Christian et Sandra n’ont jamais été scolarisés. Même si cela ne sera pas facile, il faut leur laisser la chance  de prendre un autre cap puisque c’est ce à quoi ils aspirent.

La plupart de tous ces nouveaux enfants sont en sous-poids, certains nécessitent un suivi médical approfondi.

Les pluies qui annoncent le changement de saison ont été particulièrement violentes. Elles ont pris la forme d’orages avec des grêlons gros et durs comme des billes de verre. Le quartier a offert de façon éphémère un visage hivernal européen ; tout est devenu blanc en très peu de temps. Il y a eu malheureusement beaucoup de dégâts dans les jardins. Les courgettes, dont la récolte était proche ont été littéralement cisaillées. Voilà, c’est la vie, il faut apprendre à persévérer même dans l’adversité. Le point positif de cette histoire a été le test grandeur nature de l’efficacité de notre réseau d’évacuation des eaux pluviales. En aucun endroit l’eau ne s’est acculée.

Avec la SNGF (société nationale des graines forestières) dépendant du ministère de l’environnement, nous avons fait une étude pour le reboisement du quartier. Il y aura un verger d’agrumes, des fruitiers classiques (pommes, prunes etc.) et plus exotiques pour nous : mangues, goyaves, papayes, avocatiers etc. Les espaces près des habitations seront arborées avec des arbres ornementaux et des arbustes. Les talus avec des espèces agro forestières : pins, eucalyptus et autres arbres peu connus dans nos régions et des espèces végétales couvrantes pour leur habillage vertical. Nous leur avons acheté plus de 300 plants qu’il va falloir mettre en place maintenant. Un vrai jardin d’Eden !

L’autre matin, la 4L s’est offert un joli camouflage de palmiers déjà grands sur son toit. En se rendant à Tsaratanàna, Joaquim n’est malgré tout, pas passé inaperçu ! Ces arbres étaient destinés à la terrasse de l’épicerie/coiffure de Haingo qui ouvrira la semaine prochaine.

Avec l’aide d’Angelina, nous avons mis en place la crèche provisoire dans l’un des chalets. C’est petit mais tout mignon et fonctionnel pour accueillir 8 enfants environ. Nous avons recruté 2 mpanabe (sorte d’assistantes maternelles) pour s’occuper des enfants. Cela commence doucement, les mamans ont besoin de vaincre beaucoup d’appréhensions. Tout cela est très nouveau pour elles. Les crèches existent à Tana mais en général, elles sont plutôt destinées à une clientèle, disons ; plus aisée !

Les plus grands, eux, ont rejoins l’école depuis le 22 septembre. Ils sont 17 en tout, 6 en maternelle et les autres en primaire. Pour Christian et Sandra (10 et 8 ans), Mamisoa, Vonghy, Jean Freddy, Kanto, c’était leur première rentrée des classes.

La semaine dernière, 2 institutrices sont venues nous voir pour nous expliquer le fonctionnement un peu complexe de l’enseignement public. En primaire, elles ont des classes entre 50 et 60 élèves qu’elles prennent en 2 groupes, un le matin, l’autre l’après midi.  Elles assurent 55 heures de cours par semaine au total. Le budget de fonctionnement de l’école est d’environ 4,00€/an/enfant. Cela n’autorise pas de folie pour les projets pédagogiques. Elles se sont permis de nous faire part de quelques besoins : un puits, pour mettre en place une directive ministérielle qui veut introduire l’hygiène dans l’enseignement. Intention louable sauf qu’à l’école d’Antohibe, pour avoir de l’eau, il faut descendre à la rizière... Pour les enfants venant de loin, elles aimeraient mettre en place une cantine scolaire et pour la culture, une bibliothèque. Nous avons convenu de réfléchir ensemble à la manière dont pourrait se faire un partenariat (communauté des parents d’élèves et CAP ESPERANCE).

Samedi 20 septembre, nous avons vécu un heureux évènement. C’était la naissance de MIARA-DIA (« marcher ensemble »), l’association malgache  avec qui nous allons poursuivre le partenariat pour la gestion du projet « Une Famille, Un Toit ». Le conseil d’administration se compose de 9 membres élus. Ils sont tous de part leurs activités professionnelles ou personnelles proches des plus pauvres. 4 autres membres sont des membres de droit : Haingo et Tiana, représentants élus des familles et deux représentants de CAP ESPERANCE, en l’occurrence, Joaquim et Anne. Voilà une belle équipe qui nous rejoint et qui viendra enrichir de ses expériences et dans son engagement tout ce qui a déjà été entrepris.

...Mais où ira le printemps lorsqu’il laissera bientôt la place à l’été et à la saison des pluies ?

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05 septembre 2008

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LES 1ères NOUVELLES DE LA 3ème PHASE

Sur le chemin, encore loin de Tsaratànana, dans le nuage de poussière rouge soulevée au passage de la 4L, nous avons discerné au loin plein de petites silhouettes qui accouraient vers nous. C’était les enfants du quartier qui venaient à notre rencontre. Encore un peu essoufflés et complètement excités, ils nous faisaient des bisous tout en nous expliquant avec de grands gestes que tout le monde nous attendait là bas. Ils se sont tous engouffrés dans la voiture, un sur les genoux de Joaquim pour tenir le volant, 3 sur mes genoux et le reste entassé à l’arrière. C’est comme çà que nous sommes arrivés à Tsaratanàna.

Toutes les familles étaient là pour nous accueillir et nous si heureux de les retrouver. Ils nous ont vite entraînés dans le chalet transformé en lieu de rencontre. Ils avaient hâte, ainsi que Madame Suzanne, l’assistante sociale, présente elle aussi pour l’occasion, de nous donner les nouvelles des 3 derniers mois : le passage dans la classe supérieure de tous les enfants (à Madagascar on doit passer un petit examen pour cela), le travail des chefs de famille et de 4 femmes et tous les petits détails qui font la vie et l’histoire de ce petit quartier. Ensuite, un enfant accroché à chaque doigt de main, nous avons fait le tour des jardins, beaux malgré l’hiver, la visite de quelques maisons et de l’atelier. Tous fiers, les chefs de famille nous ont montré que tous les outils étaient à leur place et que rien ne manquait bien qu’ils les aient utilisés. C’était important de leur faire confiance. Cette fois-ci, ils vont bien et cela nous fait plaisir. Ils ont beaucoup progressé dans l’autonomie.

Le paysage alentour lui aussi a changé. C’est l’hiver, donc la période sèche. Le vert scintillant des rizières s’est couvert d’un voile grisâtre et les arbustes se sont poudrés de rouge avec la poussière soulevée par le vent. Il n’y a plus de pluie depuis longtemps déjà.

Lundi 4 août,  c’est comme un petit matin de rentrée des classes. Il fait frais et quelques pans de brume s’attachent encore au sommet des collines. Tous les ouvriers sont là, sans avoir été convoqués, Ils se sont souvenus de la date.  Des petits groupes se forment en attendant les consignes. Après 3 mois, les rouages de la machine, bien huilés maintenant, se remettent en route  sans problèmes.

Les jours et les premières semaines qui ont suivi, ont vu sortir de terre en même temps et de façon spectaculaire (même Joaquim était surpris !), la maison communautaire, le centre de gestion, le bâtiment lavoirs/vestiaires du terrain de sport et les deux dernières maisons restant à construire avec en arrière plan le ballet des camions et des chars à bœufs des fournisseurs qui soulèvent beaucoup de poussière dans leurs sillages. C’en est fini pour 3 mois du calme de Tsaratànana, top chrono !

Pendant ce temps avec les femmes, nous repartons à l’assaut de la terre rouge. On traque le moindre m² de terre sur lequel on pourrait encore faire des plantations.

Une petite nouvelle pour une grande satisfaction : les 5 premiers jardins ont produit suffisamment de légumes pour nourrir les familles et elles ont même pu vendre un peu de leur excédent.

« C’est pas beau çà ? »

Nous sommes  vraiment senties encouragées. Nous avons de nouveau semé de nombreuses variétés de légumes directement en terre et dans les châssis pour faire du plant. Nous avons enrichi les parcelles avec le compost datant d’une année issu des toilettes sèches. C’était véritablement du terreau. Le seul problème rencontré concerne l’eau. Il y en a vraiment beaucoup moins que l’année dernière à la même époque malgré toute celle qui est tombée dans le 1er trimestre de l’année. Il faut donc la gérer rigoureusement pour éviter la pénurie comme cela est arrivé dans certains fokontany voisins (quartier, hameau). 

Pour le reboisement, nous prenons des contacts avec le service des eaux et forêts pour nous aider dans le choix des essences en particulier pour les talus. Dans le quartier même, nous planterons des fruitiers et des arbres d’ornement. Mais pour cela nous devons avoir encore un peu de patience. Il faut s’approcher au maximum de la saison des pluies. Nous avons tout de même commencé les trous. La  plantation de 300 arbres, ça se prépare.

Il y a aussi d’autres projets qui se mettent en place peu à peu :

Dans l’attente de locaux prévus dans la maison communautaire, une mini-crèche va être très prochainement mise en place dans un des chalets pour l’accueil des enfants de 3 mois à 3 ans environ dont les mamans souhaitent travailler à l’extérieur. Il y a l’organisation matérielle, humaine, mais aussi la préparation psychologique des mamans peu habituées à ce mode de garde, même si d’une certaine manière, elles y sont très favorables.

Une amie Malgache nous disait récemment : « le projet « Une Famille, Un Toit », c’est une véritable révolution culturelle ! » et elle ajoutait dans un soupir : «  tellement nécessaire à Madagascar ». En cela, elle parlait de la crèche bien sûr, mais aussi du tri sélectif, des toilettes sèches, des cuiseurs solaires, de l’éducation à la gestion du budget familial et de tout ce qui est fait pour refuser l’assistanat et parvenir à l’autonomie.

Un autre chalet sera utilisé pour être une épicerie/salon de coiffure/guinguette, original, non ?  C’est Haingo qui souhaite mener à bien ce projet. Elle est coiffeuse de formation. Le chalet sera doté d’une terrasse ombragée et conviviale avec des tables pour prendre des rafraîchissements et un terrain de pétanque. Haingo tiendra aussi à la disposition des ses clients des jeux de société.

Nous l’aidons dans l’organisation et elle sera accompagnée dans la gestion quotidienne par une « marraine » qui professionnellement forme des artisans à la gestion et à la comptabilité dans le cadre du commerce équitable.

                L’atelier est maintenant équipé d’une combinée et d’une scie à ruban pour le travail du bois. Cela nous permet de réaliser un peu de mobilier pour la crèche et les équipements de l’épicerie mais aussi de commencer une activité de fabrication de toilettes sèches qui suscitent toujours beaucoup d’admiration de la part de nos visiteurs et pour lesquelles nous avons déjà quelques commandes fermes. Nous espérons pouvoir pérenniser cette activité et ainsi créer quelques emplois.

Du 5 au 17 août, 6 enfants sont partis en colonie de vacances avec l’association « Le Grain de Blé » à Ambatomanga, dans la montagne pas très loin de Tana. C’était une grande aventure un peu teintée d’angoisse tant pour les enfants que pour les parents. C’est normal, c’était leur première séparation. Nous sommes allés leur rendre visite le dimanche. Ils étaient tout sourire, très à l’aise dans le groupe et actifs dans toutes les activités proposées. Quand malicieusement nous leur avons proposé de revenir avec nous, ils ont été unanimes : « non, non, non ! » Depuis leur retour, ils chantent beaucoup, attendent  le prochain camp avec impatience et leurs parents sont très reconnaissants de ce que leurs enfants ont vécu.

Le 23 août, l’hymne national et le drapeau malgache se sont à nouveau élevés dans le ciel de Tsaratànana. C’était pour l’ouverture officielle du 1er trophée de football organisé dans le quartier. Lala, notre chef de chantier avait pour l’occasion revêtu sa tenue noire d’arbitre officiel.

5 équipes se sont affrontées tout au long de la journée. Les supporters assez nombreux ont profité de la buvette préparée par les femmes et ont soutenu, dans un premier temps sans grandes démonstrations leurs équipes favorites,  mais se réservant pour la finale, où l’ambiance était franchement survoltée.

Une coupe et 2 ballons sont venus récompensés les 3 premières équipes. Tout le monde semblait avoir apprécié cette journée.

Depuis notre arrivée à Madagascar, nous continuons toutes les démarches administratives avec la mairie.

Nous avons également réuni le comité de pilotage pour faire le point sur le projet et l’implication de chacun.

Nous continuons le travail sur la constitution d’une association malgache en rassemblant des personnes qualifiées et désireuses de s’investir dans la gestion future du quartier. L’association devrait voir le jour courant septembre et portera le joli nom de « MIARADIA » qui signifie « MARCHER ENSEMBLE » Tout un programme !

Depuis un mois, le temps a beaucoup changé. Nous ne sommes plus frigorifiés comme au début du mois d’août. Il souffle maintenant un petit air de printemps embaumé du parfum des mimosas et du jasmin en fleurs. Les arbres se teintent doucement d’un joli vert tendre. C’est plein de promesses tout cela !

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20 mai 2008

Les nouvelles de l'association CAP ESPERANCE

sont consultables sur son blog

cliquez sur le lien

ou tapez :

http://assocapesperance.canalblog.com

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12 mai 2008

"MERCI"

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2ème phase : EPILOGUE

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La seconde phase du projet « Une Famille, Un Toit » est achevée. Le 12 avril, nous l’avons clôturée par une petite fête de familles rassemblant les 35 habitants de Tsaratanàna, les ouvriers, quelques amis, Gaby et nous, bien sûr !

Quand je dis « fête de famille », c’est pour exprimer les liens forts qui se sont tissés entre nous depuis le début du projet. Les familles ont beaucoup évoluées, nous aussi, c’est sûr. Partager, c’est donner et recevoir.

De nos mains plongées dans la terre rouge de Tsaratanàna nous n’avons pas vu seulement sortir de l’eau, de la végétation, des maisons, mais surtout ce qui donne un sens à la vie, ce qui est un défi à la fatalité, ce que l’on nomme si joliment « ESPERANCE ».

Peaux sombres, peaux claires, mais de quelle couleur est notre cœur ?

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Ce samedi à Tsaratanàna, il y avait beaucoup d’agitation. D’abord la préparation en commun du repas avec l’épluchage de près de 40 kg de fruits et légumes et la cuisson du riz qui a mobilisé toutes les marmites disponibles sans oublier le foyer géant pour cuire les brochettes de zébu.

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Es-ce le délicieux fumet qui s’échappait par-dessus les talus, ou les cris enthousiastes des footballeurs quoiqu’il en soit il y a eu très rapidement beaucoup de « spectateurs » venus des environs qui se sont assis sur le chemin pour assister à l’évènement. Le spectacle, c’était surtout l’après midi lors des « 1er jeux olympiques » de Tsaratanàna sur le terrain de sport soigneusement mesuré par Lala notre chef de chantier, arbitre à ses heures et fraîchement équipé de buts réalisés par Marcel notre soudeur. Les « défis » sportifs révèlent les tempéraments dit-on. Nous l’avons vérifié en voyant nos amis, d’ordinaire si réservés, se donner à fond dans tous les jeux, enfants, hommes, mais aussi les femmes qui ne sont pas restées sur la touche.

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Le feu d’artifice final est venu, juste après la remise des prix sous forme de boites de conserve, avec un magistral orage fait de grêle, d’éclairs et de tonnerre. Heureusement, nous avions tous trouvé refuge dans l’atelier. Gaby en a profité pour montrer avec son ordinateur les photos de notre travail collectif dont chacun est tellement fier.

L’ « au revoir » c’était dimanche. Moment intense d’émotion, pourtant nous quittons le cœur léger la petite communauté de Tsaratanàna. Nos amis ont maintenant confiance en eux, conscients de leurs capacités, de leurs responsabilités en particulier vis-à-vis de leurs enfants et de la nécessité de prendre leur vie en main. Et même si nous sommes tristes, nous pensons tous que trois mois, c’est vite passé !

Lundi 14 avril, l’avion qui nous emmène en France passe à l’horizon du quartier. Calés dans nos fauteuils, nous avons beaucoup de temps pour jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et revoir en pensée le déroulement de cette seconde phase toute aussi défiante et enrichissante que la première.

Le grand défi, c’était la saison des pluies et en particulier le cyclone « Ivan » qui nous ont obligés à changer un peu l’ordre de notre programme. Mais c’est à peu prêt la seule véritable difficulté que nous ayons rencontrée, sans parler bien sûr, mais c’est anecdotique, de notre fidèle 4L à qui nous infligeons quotidiennement de nombreux trajets sur les pistes défoncées et qui pour cela a du recevoir d’innombrables soins intensifs de la part de Justin, notre fidèle doc/mécano, qui s’est bien souvent transformé en « Samu » pour la réanimer.

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Le bilan des constructions, c’est 3 maisons d’habitation en plus, un atelier, les toilettes publiques. Les autres gros ouvrages réalisés ont été le percement de la piste pour la pose des buses pour l’évacuation des eaux pluviales. Cela a représenté une tranchée de 22 mètres de long, sur 3,50 mètres de profondeur, le tout creusé manuellement, la création d’une rue pavée de 55 mètres de long sur 4 mètres de large, la réalisation des caniveaux pour le recueil des eaux pluviales sur 95 mètres de long, le forage d’eau potable avec la pose d’une pompe et d’un château d’eau et l’installation d’un premier robinet avec une pression d’eau très satisfaisante.

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Armées de pinceaux, de peinture et de vernis, les femmes ont transformé leur intérieur en petit nid douillet. Des rideaux réalisés avec la machine à coudre acquise pour l’atelier broderie/couture donnent une note de confort supplémentaire.

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D’un point de vue environnement, nous avons planté environ 150 arbres dont 2/3 de fruitiers, des plantes d’ornements, des fleurs et du gazon à la manière du repiquage du riz, c'est-à-dire brins par brins. Le tri sélectif se poursuit ainsi que la réalisation de compost pour les jardins. Le plastique est stocké en attendant de trouver une filière de recyclage. Les jardins des 5 premières maisons sont entièrement cultivés et les jardins des 3 nouvelles sont en bonne voie. Tout n’est pas encore aussi vert que nous le voudrions mais il faut relativiser ; Tsaratanàna n’a que 6 mois d’ouvrage !

Grâce au docteur Dieudonné, chaque femme a pu bénéficier, suite à une réunion d’information, d’un bilan sanguin en vue du choix d’une contraception adaptée, plusieurs autres examens et consultations médicales ont également eu lieu grâce à son intervention. Docteur Rindra quand à elle, a examiné en particulier, Tsiresy, Annie et Julio, les 3 derniers nés et soigné les maladies courantes de plusieurs enfants et adultes. Nous avons envoyé en consultation d’ophtalmologie six adultes qui sont maintenant équipés de verres correcteurs. L’ensemble des familles a de nouveau bénéficié d’une cure de « Spiruline » durant 1 mois.

Plusieurs femmes, en particulier celles ayant des enfants qu’elles allaitent encore, ont vivement souhaité que la 1ère micro entreprise de la pépinière d’activités soit un atelier de broderie, couture. C’est ce que nous avons organisé ensemble. Elles sont encadrées par Santatra, une jeune styliste, qui les forme et organise la production. L’activité se déroule dans un chalet équipé à cet effet.

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Le suivi social des familles, ainsi que la poursuite du travail déjà engagé, comme la gestion du budget familial, l’hygiène alimentaire et corporelle, l’éducation des enfants etc., sont assurés par Madame Suzanne, une assistante sociale détachée d’une association d’insertion sociale qui intervient 2 journées par mois.

Malala est notre correspondante locale. Elle est chargée de nous transmettre par mails toutes les informations relatives au quartier et d’être à l’écoute des familles.

Bako et Bruno sont des amis proches de l’association. Bruno s’est proposé de faire, en plus d’un travail administratif, un temps de soutien scolaire hebdomadaire auprès des enfants de primaire, Bako mène avec les femmes une réflexion sur l’implantation d’une épicerie. D’autres interventions sont prévues par des amis de l’association.

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En plus de Haingo et Tina, élus démocratiquement par l’ensemble des familles pour les représenter et assumer, entre autre, un rôle d’organisateurs au niveau des travaux communautaires, chaque adulte a également reçu la responsabilité particulière d’un équipement collectif.

L’implication d’un partenariat local et des familles sont une réelle valeur ajoutée au projet. Au travers de chacune de ces personnes, « Une Famille, Un Toit » prend une forme bien réelle et vivante. Ce n’est plus une théorie, mais la réalité et pourtant ...

Il y a seulement un an, mais cela semble déjà une éternité, nous revenions de Madagascar avec dans nos bagages, une ébauche assez claire du projet suite à notre enquête sur le terrain, le partenariat de la commune d’Ambohidratrimo matérialisé par le don d’un terrain de 1 hectare, des plans réalisés sur place et peaufiner par un architecte en France et le dépôt du permis de construire in extremis. Ensuite tout est allé très vite.

Les voyages dans le temps sont intéressants pour mesurer le chemin parcouru mais aussi pour faire monter en nous la reconnaissance pour tous ceux, très nombreux, connus ou inconnus, personnes privées ou institutions qui par leurs dons, leurs contributions et leurs encouragements nous ont fait confiance et sont entrées dans notre rêve.

Tsaratanàna, c’est joli, comme son nom l’indique*, pas seulement grâce aux maisons et à leurs jardins, mais aussi grâce à la solidarité, au partage et aux sourires de ceux qui l’habitent.

A très bientôt pour la 3ème phase du projet et la réalisation des 2 dernières maisons, du centre de gestion, de la construction pour la partie gros œuvre de la maison communautaire et la poursuite de la rue et de ... et de .... Enfin vous avez compris, il y a encore un peu de travail. * : Tsaratanàna signifie « joli village »

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