Pôle YO CONTIGO

YO CONTIGO pôle "ingénierie de projets" de l'association CAP ESPERANCE

28 mai 2009

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Tsaratànana le 1er août 2007

amoureux

Tsaratànana avril 2009

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UN NOUVEAU QUARTIER EST NE!

« Tsaratànana, une aventure inoubliable ! » Exclamation en forme de slogan dite par Josoa, l’un des chefs de famille à la veille de l’inauguration du quartier qui a eu lieu le 18 avril dernier.

Combien il a raison ! Sans doute faudrait-il un livre pour relater tous ces mois intenses et riches qui nous ont tous changer, mettre des mots sur tant d’émotions, probablement aussi nombreuses que toutes les briques qui ont été nécessaires pour transformer l’utopie en réalité et un petit hectare sur les presque 60 millions que compte Madagascar, en un lieu d’espoir et de vie. Et pourtant, l’histoire reste à écrire, ce n’était là que le 1er tome.  Le stylo reste entre les mains des familles et de ceux qui les accompagnent mais aussi encore un peu à nous aussi à la manière du « Petit Prince » de Saint Exupéry  dont les paroles résonnent dans notre cœur :

«  C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir. Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose... Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir. »

Toutes ces considérations ne sont pas très techniques me direz-vous. Peut être faudrait-il à ce moment de l’histoire, pour paraître plus sérieux, donner des chiffres, des statistiques. Cela viendra rassurez-vous ! Mais aujourd’hui laissez moi me promener à petits pas dans mon jardin et me dire : « cela valait la peine tant de nuits d’insomnies, de démarches trop souvent stériles ; pas toujours, heureusement !, de déceptions, d’incompréhensions. Les sentiers vers les sommets sont difficiles, la tentation est grande de rebrousser chemin. Mais voilà,  il y a les rencontres, les encouragements, le compagnonnage et puis on arrive au but et que ce que l’on découvre est tellement mieux que tout ce que l’on a pu imaginer dans nos rêves les plus fous . La vie n’est heureusement pas enfermée dans les limites que nous lui avons fixées. Elle bouillonne parce qu’il y a derrière tout cela une aventure profondément humaine. Nous avons fait ensemble un chemin merveilleux, pas du tout idéaliste mais plutôt fait d’ajustements permanents. Un chemin avec ses contradictions et ses éclats de rire. Que dire ? Chaque expérience de vie nous change profondément pour peu que nous le permettions. Alors, et si c’était à refaire ? « Oui », deux fois « oui » nous le referions .

   

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J’en suis là dans mes rêveries et je devine votre impatience à savoir ce que nous avons fait en définitive durant tout ce temps sur cette belle île de Madagascar et en particulier ces trois derniers mois. Je commencerai par la fin si vous le permettez. C’était le 28 avril. Lalao et Pierre, Bernadette et Jacques, les deux dernières familles entrées dans le projet se sont dit « oui » devant Monsieur le second adjoint de la commune d’Ambohidratrimo (et non moins secrétaire de l’association « Miara Dia »). Belle image symbolique pour clore ce premier volet de l’histoire. A Tsaratànana sur le tapis rouge de latérite nous aurions pu faire notre montée des marches tellement tout le monde était beau. Chacun avait mis la main à la pâte pour préparer la fête. La joie présente n’était pas feinte. C’était un bel esprit de famille.

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Nous avions l’objectif de l’inauguration du 18 avril pour finir les travaux. Challenge infernal comme d’habitude, mais on peut dire atteint à quelques petits détails près. C’est d’une voix émue qu’Eric (un des chefs de famille) a pris la parole devant l’assemblée venue nombreuse pour cet évènement qui était sans doute une bouffée d’espérance dans le marasme ambiant depuis 3 mois . Porte parole des familles Il a exprimé la reconnaissance de chacun et surtout chose importante il a dit en substance «  regardez ce que nous avons fait, n’hésitez pas à nous embaucher, nous sommes capables de faire tout cela ». Es-ce que ce ne sont  pas là les paroles d’un homme debout ?

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Ensuite sont venus d’autres discours dont celui de Mr Clovis Arthur, maire d’Ambohidratrimo qui a placé cette manifestation dans une perspective hors politique, ce qui était important dans le contexte actuel. Il a remercié CAP ESPERANCE, les bailleurs et les donateurs qui avaient permis chacun à son niveau de réaliser les projets en faveur des pauvres qui tenaient à cœur à la commune depuis plusieurs années. Il a également profité de ce moment pour annoncer un nouveau partenariat possible avec CAP ESPERANCE, mais nous reparlerons de cela au chapitre « projet ». Une plaque commémorative offerte par la commune a été placée sur la stèle où sont aussi inscrits les noms d’une grande partie de ceux qui ont participé par leurs dons à la réalisation de ce quartier ainsi que les logos des bailleurs institutionnels.

Sur les photos insérées dans ce texte et sur les albums vous pouvez voir qu’effectivement tous les objectifs de construction ont été atteints.

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Comme nous l’avons indiqué dans le courrier précédent, les démarches administratives permettant la structuration du centre de gestion et l’ouverture de la crèche n’ont pas été possibles à cause de la crise politique. Toutefois, nous espérons pouvoir concrétiser tout cela dans les mois à venir. Techniquement en tout cas, tout est prêt.

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L’envoi de livres et d’ordinateurs par le CA de CAP ESPERANCE a permis l’installation de la médiathèque qui rappelons-le est ouverte à toute la population locale. Une initiation à l’informatique pour adultes et enfants est en projet.

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Dans le domaine de l’éducation, une formation d’alphabétisation fonctionnelle a été mise en place pour des adultes depuis le 14 mars. Elle se déroule tous les samedis. Nous avons également des demandes pour des cours d’apprentissage de la langue française.

Les loisirs ne sont pas en reste. Le 4 avril s’est déroulé le second tournoi de football organisé par Lala, avec une participation encore plus importante que la 1ère fois. Le trophée était assez original. C’était une brebis, vivante bien sûr et pleine d’après les spécialistes. Elle est repartie tenue en laisse, revêtue d’un maillot de foot  avec l’équipe victorieuse.

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Deux fois par mois, l’association du grain de blé anime un club d’enfants issus de Tsaratànana mais aussi des quartiers environnants. Ils nous ont présenté quelques-uns de leurs chants lors de la fête de l’inauguration. Des colonies de vacances sont prévues pour cet été. Les enfants attendent ces moments avec beaucoup d’impatience.

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Le groupe Ny Ako  nous a de nouveau offert un spectacle de qualité lors de l’inauguration. Leurs chants et leur musique ont largement attiré le voisinage.

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Sur le plan de la santé, un nouveau partenariat a été mis en place avec l’office national de nutrition (ONN). Il porte sur la plantation à Tsaratànana dans un premier temps de 100 pieds d’ananambo offerts par l’ONN. C’est un arbre dont les feuilles et les fruits sont une vraie mine d'or. En effet, plusieurs recherches ont démontré que l'ananambo possède plusieurs vertus et atouts qui peuvent aider à lutter efficacement contre la malnutrition. C'est un arbre à usages multiples, résistant à la sécheresse, particulièrement facile à multiplier et dont la croissance est très rapide. Des analyses nutritionnelles ont montré que les feuilles de « Moringa oleifera » (nom scientifique) sont plus riches en vitamines, minéraux et protéines que la plupart des plantes comestibles. Le partenariat devrait être complété par des actions de formations spécifiques à l’utilisation de cette plante dans l’alimentation au quotidien et dans le séchage de ses feuilles qui pourraient être destinées à la vente et donc être une source de revenus .

Il y aurait sans doute encore beaucoup de choses à dire, mais avant tout « merci » à Dieu. On peut faire beaucoup de choses sans lui, mais encore plus avec lui, par la Foi qu’il met en nous pour nous aider à surmonter les obstacles, à croire en l’incroyable et surtout à aimer. Merci à tous ceux qui nous ont accompagnés : le CA de CAP ESPERANCE, notre famille, tous nos amis, l'association des amis de CAP ESPERANCE et en particulier Gaby qui nous a rejoints 3 fois pour mettre son dynamisme et son enthousiasme au service du projet, les donateurs connus ou inconnus qui ont tellement touchés les familles parce qu’ils se souciaient d’elles, les bailleurs pour leur confiance, la commune d’Ambohidratrimo et tout le réseau amical et professionnel tissé à Madagascar dont les membres de Miara-Dia qui se sont courageusement engagés à nos côtés dans cette difficile mais incroyable aventure.

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Maintenant il faut continuer le chemin, de la même façon c'est-à-dire en unissant les forces, les capacités et les moyens de chacun. Nous pensons que le projet sera complètement réussit lorsque les familles s’engageront pour transmettre ce qu’elles ont reçu comme des « passeurs d’espoir » afin que d’autres puissent entrer à leur tour dans cette marche en avant.

Les projets

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Comme annoncé u peu plus haut, CAP ESPERANCE a déjà été sollicitée pour participer à la réalisation d’un nouveau projet. De quoi s’agit-il ?

L’école publique du fokontany d’Antohibe (quartier d’Ambohidratrimo dont dépend Tsaratànana) accueille actuellement 260 élèves dans 3 classes assez rudimentaires. Dans quelques années, suivant une enquête démographique et en prévision de l’intégration de nouvelles sections,  ils devraient être environ 400. Il est donc urgent de prévoir de nouveaux locaux plus adaptés à l’accueil de tous ces enfants. Pour des raisons de surface, le choix d’implantation s’est porté sur un terrain adjacent à Tsaratànana (ce qui n’est pas pour nous déplaire). La commune nous a officiellement demandé de l’aider à réaliser cette nouvelle école par de l’ingénierie de projet mais aussi, on s’en doute pour trouver les fonds indispensables à cette réalisation. Pour rassembler les éléments nécessaires à la conception d’un tel projet, nous avons constitué un comité de réflexion formé d’enseignants, de responsables d’associations de parents d’élèves et de responsables de la commune. Nous avons réfléchi sur un concept d’école idéal (suivant des critères malgaches) et dégagé quelques orientations indispensables : 9 classes, une cantine, des espaces de sports et de loisirs tout cela dans un cadre intégrant tout une dimension écologiques  portant sur le recyclage, le traitement des eaux usées et la récupération des eaux pluviales, le tri sélectif, le reboisement, l’utilisation d’énergies renouvelables. Ce sont là les grandes lignes sur lesquelles il va falloir travailler en détail pour arriver à un projet cohérent. Nous aimerions ajouter une dimension supplémentaire par le biais d’un « chantier/formation destiné à accroître les compétences d’ouvriers volontaires pour recevoir des formations pratiques et théoriques. Autres atouts et objectifs : optimiser les équipements collectifs de Tsaratànana : atelier de menuiserie, salle polyvalente pour les formations etc.

                                                                                                                                                      A bientôt !

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16 mars 2009

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2ème lettre de nouvelles de la 4ème phase

Antananarivo le 16 mars 2009

Notre dernier rendez-vous épistolaire date d’un mois et demi, où en sommes-nous ? Si de loin vous ne comprenez pas ce qui se passe à Madagascar, soyez rassurés, nous non plus ! La formule est un peu exagérée mais elle reflète assez bien le sentiment général. Prenez 3 journaux, (francophones de préférence si vous êtes vazaha*) de ceux qui peuvent encore paraître, écoutez RFI et allez faire un petit tour sur Internet. Les informations relatées sont si contradictoires que vous êtes bons pour la migraine si vous essayez d’y comprendre quelque chose. Entre affirmations, rumeurs et démentis où est la vérité ?

* (« étranger » en malgache)

Cela prêterait à sourire si les conséquences n’étaient aussi dramatiques pour la population. Tous les domaines de la vie des Malgaches sont affectés : travail, scolarité des enfants, déplacements, pouvoir d’achat, amitiés, opinions personnelles qui peuvent faire de vous la cible de l’un ou l’autre camp. Mieux vaut ne pas avoir dans son voisinage immédiat un personnage politique, des entreprises ou des espaces commerciaux ou tout autre symbole de richesses si vous ne voulez pas être victimes de dommages collatéraux lors des pillages et autres exactions.

La pauvreté est instrumentalisée, alors que ceux qui en souffrent sont paradoxalement les premières victimes de ce conflit. A cause des emplois perdus, même précaires, le kapok* de riz des pauvres restent désespérément vides. Voilà un tableau bien noir qui ressemble au ciel, juste avant l’orage...

* (Mesure usuelle du riz équivalent à environ 350 gr) 

D’un tour d’horizon général, qui n’est toutefois pas sans incidences sur le reste,  revenons à ce qui nous intéresse et qui est la raison de notre présence ici à Madagascar : « Tsaratànana ».

Nous pouvons dire, enfin une éclaircie dans le ciel sombre, que tout va pour le mieux. Les matériaux, en général, ne manquent ni en quantité, ni en diversité. La seule difficulté est que par peur des pillages, les entrepôts et magasins ferment à la moindre alerte et cela pose des problèmes d’approvisionnement. Il faut trouver la bonne « fenêtre » d’ouverture et s’adapter... toujours s’adapter.

Sinon, les travaux de finition de la maison communautaire avancent bien. Les hommes ont bénéficié d’une formation à la pose et aux finitions du PLACOPLATRE donnée par Joaquim. Ils sont très emballés. C’est spectaculaire et pas courant ici.

Njaka, un de nos maçons a réalisé une superbe cheminée en briques dans la salle polyvalente dont il est très fier. Vous vous demandez sans doute : « mais à quoi peut bien servir une cheminée à Madagascar ? » D’abord, c’est convivial, ensuite, sur les Hauts Plateaux, on ne dit pas non à une petite flambée durant la période hivernale ; même dans l’hémisphère Sud.

Les branchements électriques sont presque finis, même si pour l’instant l’énergie sera fournie par un groupe électrogène. L’électricité de la JIRAMA (EDF locale) arrivera bien un jour.

Après une formation, Norbert s’applique sur le jointement des briques sur les façades des maisons et des différents bâtiments.

Cette 4ème phase comprend beaucoup de finition dont plusieurs m² de peinture sur les murs et les sols de la maison communautaire et du centre de gestion sans oublier certaine maison. Nous avions une équation à résoudre : d’un côté ; il nous fallait de bons peintres, d’un autre côté nous avions plusieurs femmes qui peinaient à trouver des emplois où elles n’étaient pas exploitées ; le 8 mars n’a pas encore tenu toutes ses promesses .... Alors,  quelques femmes sont entrain d’être formées à devenir des professionnelles de la peinture et des finitions. Au début, les hommes ont regardé tout cela d’un œil goguenard et un rien sarcastique, traquant le moindre défaut. Aujourd’hui, ils doivent bien reconnaître que même si à la fin de la journée elles ont un peu de peinture sur le bout du nez, leur travail est en plein progrès et parfois mieux que certains hommes, ça on le dit tout bas pour ne pas les vexer. Leur formation, tout comme leur « collègues »,  fera l’objet d’une validation d’acquis avec la délivrance d’un certificat. Il paraît que des femmes dans le bâtiment, à Madagascar, c’est aussi une révolution ! Mais celle là,  a les couleurs de l’arc en ciel.

Dans la lettre précédente, nous vous avions promis de vous présenter un peu mieux nos 2 entrepreneurs, pionniers dans la pépinière de micros entreprises.

Nous les avons interviewé, voici en premier le témoignage de Haingo qui gère l’épicerie et le salon de coiffure. Elle, son mari, Josoa et leur petite Kanto sont entrés dans le projet « Une Famille, Un Toit » lors de la seconde phase, il y a bientôt un an :

CAP ESPERANCE : « Haingo, tu as commencé ton activité depuis 4 mois maintenant, comment cela se passe-t-il ? »

HAINGO : «  Au début, pour l’épicerie, j’ai du trouver des fournisseurs, j’avais fait une petite enquête parmi les familles pour connaître leurs habitudes d’achats pour mes premières commandes. Aujourd’hui, ça marche bien, beaucoup de monde vient acheter »

C.E : « justement, d’où viennent tes clients, es-ce que ce sont uniquement les familles du quartier ? »

H. : « Non pas du tout »  NDLR  (là, Haingo, étend le bras et fais un large cercle qui englobe tout le paysage »),

«  Le « peuple » (c’est si mignon que je ne la corrige pas !)  vient de là et de là » (A ce moment, elle m’énumère plusieurs villages et fokontany environnant)

CE : « tes clients sont-ils réguliers ? »

H : « je les vois presque chaque jour. Ils sont contents de trouver ici l’essentiel de ce dont ils ont besoin. A cause des problèmes financiers, encore plus important depuis la crise, ils n’achètent que de petites quantités à la fois. La plupart vivent au jour le jour »

NDLR : et en effet, durant l’interview, quelques clients sont venus, ils achètent une ou deux cuillères d’huiles, quelques grammes de sucre ou de café, ½ bouillon cube ou l’équivalent de 2 tranches de pain. Je reste éberluée. Haingo elle, imperturbable remplit les divers récipients qui lui sont tendus pour mettre ces maigres denrées. Le cadeau de la maison, c’est son joli sourire qu’elle offre à tous, sans distinction.

CE : « Quels sont tes projets ? »

H : « j’aimerai faire quelques aménagements supplémentaires pour rendre l’épicerie plus attractive, des présentoirs extérieurs pour les fruits et légumes en particulier. »

CE : « Et la coiffure ? »

H : « cela a eu un peu plus de mal à démarrer, l’esthétique vient après les autres besoins. Mais maintenant, j’ai de plus en plus de clientes et de clients, surtout depuis que tu m’as aidé pour la déco »

Là, elle rit en regardant les photos de mode découpées dans des magazines et plastifiées pour faire plus « pro ». Mais ses clientes ne s’extasient même pas devant la photo de Georges Clooney (la seule photo d’homme que nous ayons trouvée). De toute façon, elles ne savent pas ce que veut dire « What else ? » et ne boivent pas de « Nescafé » !

Haingo bénéficie d’un accompagnement pour l’aider dans la gestion des stocks, la gestion et l’organisation de sa petite entreprise et dans la comptabilité.

Manitra, (se prononce Mandj) lui,  n’est pas issu du quartier. Il se présente en quelques mots :

« J’ai 36 ans, je sui célibataire. Je suis issu de la région d’Analamanga. Mon père était fonctionnaire alors j’ai eu l’occasion de vivre dans différents lieux de Madagascar. J’ai un niveau bac+2 en mécanique. Je n’ai jamais vraiment exercé ce métier. Je me suis tourné assez rapidement vers le tissage de la soie. C’est un métier qui se pratique dans ma famille, surtout par les femmes, depuis 7 générations. Au départ, c’est ma grand-mère et de l’une de mes tantes qui m’ont initié. Ensuite, j’ai approfondi ma formation en passant par toutes les étapes : élevage des vers à soie, filature, teinture végétale et ensuite tissage. »

CAP ESPERANCE : « comment êtes vous passé de la soie aux matériaux de recyclage ? »

M. : « Récemment, j’ai fait une formation avec « Madacraft ». Ils m’ont sensibilisé à l’utilisation de matériaux de recyclage et au respect de l’environnement pour créer, à partir du tissage, des objets originaux. J’ai imaginé quelques modèles de ceintures à base de sachets plastiques et de bricks (type Tetra Brick). Je travaille à la création d’autres accessoires, de mode principalement. Avec cet organisme, j’ai reçu aussi une formation assez poussée pour diriger une entreprise : organisation, gestion, comptabilité et commercialisation de mes produits. Ma formation a été validée suite à la production d’un mémoire. »

CE : « comment êtes vous arrivés à Tsaratànana ? »

M : « J’avais envie de réaliser mon entreprise dans un cadre social, proche d’une association. Miza (Miza est la Présidente de Miara-Dia) qui était l’une de mes formatrices m’a parlé de « Tsaratànana » et du projet de pépinières de micro entreprises. L’idée m’a séduite et je sui venu. »

CE : « quels sont vos projets ? »

M : « Dans un premier temps, J’envisage de former quelques personnes afin de leur procurer un emploi. A plus long terme, j’aimerai construire un atelier plus grand qui me permette de mettre davantage de métiers à tisser et d’élargir ma production. »

CE : « quels sont vos réseaux de commercialisation ? »

M : « la vente locale en premier puis la vente en ligne via le réseau « Madacraft »

CE : « avez-vous complètement abandonné l’idée de travailler la soie ? »

M : « Non, bien sûr. J’ai dans mes cartons des projets de création de bijoux en soie »

Voilà, vous connaissez un peu mieux nos deux premiers locataires de la pépinière. (Leurs photos sont dans l’album). Nous espérons qu’ils seront bientôt rejoints par d’autres. Enfin dès que « les évènements » ou « la crise », deux expressions très familières à Madagascar en ce moment, seront réglés. Personne n’ose rien entreprendre et nous même, nous sommes bloqués dans nos différentes démarches. Tout cela est très frustrant. Nous avons les personnes au téléphone, mais aucun rendez-vous n’est possible : le centre de Tana n’est pas très sûr pour les « vazaha » et même pour les Malgaches d’ailleurs. Nos interlocuteurs n’osent pas s’aventurer hors de leurs bureaux, d’autant plus que certain ne savent même plus qui est la tête hiérarchique de leur organisation. Nous essayons tout de même de faire avancer les choses, mais ce n’est pas facile. Nous progressons malgré tout, pas aussi vite que nous le voudrions, dans l’organisation de la maison communautaire : crèche, point santé, médiathèques, salle polyvalente.

Mais dans tout cela, nous avons aussi nos petites gouttes de rosée : les premiers pas de Tsiresy, heureux comme le 1er astronaute sur la lune, les « 2 » que Willy, assis sur mes genoux, dessine dans mon agenda avec force discours que je ne comprends pas à son grand désarroi, Julio, son petit frère qui se déplace sur les fesses à la vitesse de l’éclair et Tsaratiana notre petite dernière que toutes les mamans s’arrachent comme un trésor pour la tenir dans leurs bras . Et comme ça plein de petites histoires de vie, des enfants, des parents et de nous au milieu d’eux. Vivant proches, travaillant ensemble tandis que tout s’agite là bas ... à Tana.

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04 février 2009

"TONGA SOA" à TSARATANANA

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LES 1ères NOUVELLES DE LA 4ème PHASE

La vision de Tsaratànana nous a émerveillés quand nous sommes arrivés en haut du chemin; tout est vert ! En s’approchant c’était encore plus beau. Grâce aux pluies abondantes depuis novembre, les arbres ont beaucoup poussé, le gazon est vert, il y a beaucoup de fleurs et les jardins sont magnifiques !

Un peu avant, sur la piste, nous avions fait toute une moisson d’enfants venus à notre rencontre pour nous accueillir. Ils sont beaux, tout sourire. Cette fois ci, record absolu, nous étions 15 dans la 4L pour franchir les derniers mètres nous séparant du quartier.

Ici, nous sommes un peu comme chez nous. Heureux de retrouver nos amis, de découvrir le joli petit minois de Tsaratiana, la fille de Lalao et de Pierre, née ici le 12 janvier. Dans son abandon, nichée au creux des bras de sa mère, elle ne sait pas qu’elle aurait pu naître comme ses frères et sœurs sous des bâches dans la rue à Tana. Mais voilà, les choses ont heureusement changé pour la famille. Le sourire rassuré de ses parents en dit plus  que de longs discours.

«  ... Quand on veut une chose, tout l’univers conspire à nous permettre de réaliser nos rêves ... » L’alchimiste - P. Coelho

Nous faisons ensemble le tour du quartier. Nous constatons encore une fois combien les lieux ont été entretenus, respectés. Sachant d’où viennent ces familles, c’est vraiment remarquable.

Nous ne voulons pas gâcher ces moments de bonheur en évoquant les évènements politiques difficiles qui se déroulent au cœur de la capitale à quelques kilomètres de là. Demain il sera temps de comprendre et d’aviser.

Bien sûr, nous l’avons vite compris ; les choses se sont singulièrement compliquées ; déplacements, approvisionnements et incertitudes de toutes natures. Il va falloir s’adapter et s’organiser autrement. Mais ça n’est pas le plus grave.

Nous sommes tristes pour la population malgache qui n’avait pas besoin de ce « cyclone » supplémentaire. Les gens sont choqués par la violence et les pillages qui ont eu lieu. Fidèles à leur réserve, peu s’expriment sur le fond, ou en tout cas pas ouvertement. Les dégâts matériels sont importants dans la capitale, les dégâts humains le sont tout autant, bien que moins visibles. A cause des évènements, beaucoup sont sans emploi, c’est à dire sans aucune ressource. La crainte s’est installée. Il faut attendre.

Lundi 2 février, comme prévu nous avons redémarré le chantier. Beaucoup d’hommes se tenaient accroupis,  à l’entrée du quartier. Nous n’avons malheureusement pas pu les prendre tous, d’autant plus, que nous avons du réintégré 8 chefs de famille sur 10 en chômage technique pour cause de coup d’état « verbal » comme disent les médias...

D’un point de vue travaux, cette 4ème phase comprend uniquement des finitions qui ne nécessitent plus autant d’ouvriers. La maison communautaire résonne déjà de toutes parts de bruits de scie, de burins, de perceuse  pour les travaux dans la crèche, le point santé, la médiathèque, la cuisine, les toilettes et la salle polyvalente. Les finitions des deux dernières maisons sont aussi en cours. L’aménagement du centre de gestion suivra.

Nos autres objectifs pour cette 4ème phase sont : le démarrage de tous les services de la maison communautaire (voir ci-dessus), du centre de gestion pour la pépinière de micros entreprises, l’évaluation du projet et le transfert de compétence à l’association Miara-Dia.

Il n’y a plus beaucoup d’espaces disponibles dans les jardins mais nous avons tout de même entrepris des semis dans les châssis avec des graines de légumes à croissance rapide et aussi des fleurs pour le plaisir. J’ai rappelé à Lova, Ninie, Eugénie, Vero, Voahangy, les cinq 1ères femmes arrivées dans le projet, nos difficiles débuts en jardinage, quand nous attaquions à coup de pioche et avec un espoir mitigé cette terre aride et caillouteuse. Elles ont beaucoup ri en minant les sacs de terre transportés sur la tête, les brouettes grinçantes et les reins douloureux. Aujourd’hui, nous voyons avec bonheur le résultat de tous ces efforts et nous sommes fières.

Haingo nous a fait visiter son épicerie/salon de coiffure. Les étagères sont un peu vides en ce moment ...mais les clients sont tout de même au rendez-vous.

Nous avons fait la connaissance de Manitra (prénom qui ne se dit pas du tout comme il se lit !). Il est le premier artisan à s’installer dans la pépinière de micros entreprises. Il fabrique des accessoires de mode ; ceintures, pochettes, sacs, à partir de matériaux de récupération qu’il façonne avec un métier à tisser. C’est ingénieux, original et joli. Il envisage la formation et l’embauche de quelques femmes du quartier. Nous présenterons Manitra et son travail plus en détail dans une prochaine lettre de nouvelles.

Nous rencontrerons prochainement nos amis de Miara-Dia pour faire le point sur les 3 mois écoulés, évoquer et organiser l’avenir.

Comme prévu l’association « le Grain de Blé » organise un club de loisirs deux fois par mois à Tsaratànana. 40 enfants participent régulièrement aux activités. Beaucoup viennent des quartiers environnants. Les échos sont très positifs.

La 1ère journée est achevée. Nous quittons le quartier dans la lumière rasante de cette fin d’après midi d’été. Des femmes discutent autour du puits, les enfants jouent et Lalao, dans la plate bande devant sa maison, s’occupe de ses fleurs. Nous sommes heureux.

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03 novembre 2008

TSARATANANA le 26 octobre 2008

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RETOUR EN FRANCE!

La 3ème phase du projet « Une Famille, Un Toit »

s’est déroulée, comme les 2 premières dans un véritable tourbillon.

Et voilà, c’est déjà fini !

La belle image à garder, belle comme une naissance qui fait oublier les douleurs de l’enfantement : les visages rayonnants de Pierre et Lalao quand eux et leurs 3 enfants déménageaient sur leurs têtes leurs maigres effets du chalet vers leur maison. Peut-on vraiment imaginer ce que signifie pour cette famille s’installer dans une maison, leur maison, elle, qui depuis au moins 3 générations vit à proximité des décharges sous des abris de fortune ? 

la_maison_de_Pierre_et_Lalao__avant__

La maison de Pierre et Lalao avant!

      

Lalao_et_Pierre

                                            Pierre, Lalao, Jaona, Sandra, Christian devant leur maison à Tsaratànana

Nous sommes de retour en France. Maintenant il faut se poser un peu pour analyser le vécu de ces trois derniers mois tout en s’interdisant, au moins un petit peu, mais comme c’est difficile !, de préparer dans notre tête la 4ème phase qui sera une phase de finitions des locaux mais aussi d’évaluation et de transfert de compétences progressif vers MIARA-DIA ( « Marcher Ensemble »).

Nous avons, ensemble, avec toute notre équipe : familles, ouvriers et partenaires, atteint nos objectifs. Quand nous regardons la maquette aujourd’hui, il y a désormais une image bien claire qui se superpose dans notre tête, c’est celle du quartier tel qu’il est aujourd’hui, tout à fait conforme aux plans initiaux, la vie et des cris d’enfants en plus.

maquette

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Toutes les constructions sont achevées : maisons, centre de gestion, maison communautaire, lavoirs et vestiaires de sport, atelier, toilettes publiques ainsi que tout le réseau d’évacuation des eaux et la délimitation des espaces de circulation (rue, trottoir, chemin). Il reste maintenant les finitions intérieures de certains bâtiments.

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la salle polyvalente de la maison communautaire

Un effort tout particulier a été fait sur l’éducation au respect de l’environnement : la mise en place de toilettes sèches, avec quelques résistances culturelles externes au quartier... , le tri sélectif et la recherche d’une filière de recyclage des plastiques en particulier, à ce sujet, quelques idées commencent à prendre forme, la culture des jardins potagers en utilisant le compost réalisé avec les familles, l’utilisation progressive par les femmes des cuiseurs solaires et bien sûr le reboisement de l’ensemble du quartier. Nous comptons sur la saison des pluies pour arroser tous les arbres plantés. Il y en a 500 au total. On les voit à peine dans tout ce rouge, ils sont encore tout petit. Ils pousseront à leur rythme mais ils pousseront, c’est le sens de la vie.

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Tout comme, d’ailleurs, les familles qui avancent pas à pas vers l’autonomie en prenant de plus en plus conscience de leur valeur et de leurs talents. Tout cela demande aussi du temps et de la patience. Il ne suffit pas de ...

Ils seront accompagnés dans leurs efforts par les membres de MIARA-DIA (l’association partenaire de CAP ESPERANCE), qui s’investissent déjà dans tous les projets en cours et dans l’accompagnement social qui viendra consolider l’ensemble des formations réalisées pour les femmes dans les domaines de la santé, de l’hygiène, de l’éducation, de la gestion du budget, de l’alimentation.

Toavisoa

Toavisoa

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Willy, prêt pour l'école!

Un club d’enfants, verra le jour courant novembre. Il proposera diverses activités de loisirs et d’éveil aux enfants du quartier et des environs deux fois par mois. Il sera animé par une équipe de l’association « Le Grain de Blé » dirigée par Voahangy.

L’atelier, maintenant bien équipé, a déjà commencé à fabriquer des toilettes sèches destinées à la vente. L’idée n’est pas de faire du business, mais de permettre à des familles, en particulier  en milieu rural, d’accéder à un meilleur niveau de confort et d’hygiène tout en créant à terme quelques emplois. Pour faciliter une bonne utilisation, nous avons fait réaliser par un artiste local, une bande dessinée à vocation pédagogique fournie aux acheteurs lors de la vente.

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Haingo aura bientôt le feu vert pour l’ouverture de l’épicerie dont elle sera gérante et de son salon de coiffure pour lequel elle a reçu un micro crédit pour les différents équipements. Il y a encore quelques détails administratifs à régler. Le statut de gérante pour l’épicerie lui permet de ne pas alourdir son taux d’endettement. Miara-Dia sera son employeur et Miza sa conseillère et formatrice.

Trois familles bénéficient maintenant de l’éclairage électrique grâce à un convertisseur qui transforme l’énergie d’une batterie 12V en 220V. Les autres familles seront équipées progressivement.

Durant notre séjour, nous avons eu la joie d’avoir quelques visiteurs de France : Jean-Marc de l’association « Projets, + Actions », Jackie et Christian de Eth, membres de CAP ESPERANCE, un groupe en voyage à Madagascar et amené à Tsaratànana par un Soissonnais et bien sûr Pierre et France-Lise Belmant (Président et Secrétaire de CAP ESPERANCE). C’était important qu’ils puissent voir de leurs yeux ce projet porté par l’association depuis 2007 et connaître les familles, les membres de Miara-Dia et certains partenaires comme en particulier la commune d’Ambohidratrimo.

France_Lise_et_Angelina

Christian__nergiquement_

Dans leurs bagages ils avaient amenés beaucoup de choses pour équiper la crèche : des jouets, jeux, du matériel  éducatifs ainsi que beaucoup de briques (en plastique celles-ci !) pour initier à la construction  les futurs bâtisseurs en culottes courtes. On le dit tout bas, mais même les mamans, mine de rien, construisaient leur petite maison en « lego ».

France-Lise assistée d’Angelina a mis ses talents d’infirmières très appréciés au service de certaines formations auprès des femmes et des enfants : les gestes de premiers secours, l’hygiène bucco-dentaire et sa séquence  « rire » lors de la mise en pratique avec les brosses à dents rigolotes qu’ils avaient amenés dans leurs valises, l’éducation concernant la santé de la reproduction avec son débat très animé, l’hygiène corporelle avec mise en pratique... et un jeu de l’oie géant pour récapituler le tout . Elle a même gonflé des ballons pour faire des têtes de clowns aves les enfants.

France_Lise_et_les_ballons

Pierre de son côté a introduit dans les toilettes publiques un élément de confort tout occidental avec l’eau au lavabo grâce à un bidon extérieur équipé d’un robinet. L’eau, le savon, tout est  là pour assurer une bonne hygiène des mains !

Grâce à lui aussi, maintenant à Tsaratànana, on peut lire l’heure aux cadrans solaires qu’il a mis au point et installé sur la stèle qui recevra le nom de tous les donateurs. Dans le quartier l’innovation est partout !

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cadrans_solaires

Un grand merci à Miza, Angelina et Johnny, Estera et Tovo, Lala, Norosoa, Cadet, Vincent de Paul de nous avoir rejoint dans cette belle aventure au travers de l’association Miara-Dia et à Haingo et Tiana qui seront le lien indispensable entre les familles et l’association.

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02 octobre 2008

TSIRESY

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PHASE 3 : 2ème lettre de nouvelles

Si notre  planète était plus petite, je ferai comme le Petit Prince de Saint Exupéry qui aimait tant voir des couchers de soleil ; moi, je marcherai pour suivre la course du printemps autour du monde. C’est tellement agréable de voir tout reprendre vie peu à peu : les rizières toutes piquetées  de jeunes pousses de riz, les arbres en fleurs et la grisailles des herbes desséchées qui peu à peu se laissent submergées par une vague vert tendre qui fera prochainement les délices des zébus qu’on laissera aller après les mois d’hiver . Vision pleine d’espérance quand la fatigue physique s’accumule et que le courage est parfois mis à rude épreuve...

Dans notre petit monde de Tsaratànana, le printemps arrive aussi. Il fait pousser d’étranges fleurs. Certaines sont en briques et en tuiles tout droit sorties de la terre rouge de Madagascar. Au dire de tous, elles ont une croissance très rapide. Elles deviendront dans peu de temps maintenant, les maisons d’habitation des deux dernières familles arrivées, le centre de gestion, la maison communautaire ainsi que le lavoir/vestiaires du terrain de sport.

La charpente de la maison communautaire est en elle-même une véritable prouesse technique compte tenu, bien sûr, des équipements à disposition. Les poutres maîtresses sont fabriquées par assemblages (type lamellé collé) directement sur leur emplacement définitif. Il n’aurait pas été possible de les hisser après fabrication, puisqu’elles sont très lourdes et qu’il n’y a pas de moyens de levage.

Il y a aussi maintenant, sur la place, une stèle qui recevra, en signe de reconnaissance, le nom de tous ceux, institutionnels ou particuliers, qui ont contribué à la création de ce quartier. La rue et le trottoir en pavés sont entièrement finis ainsi que le tour du puits.

Nos 10 familles sont maintenant toutes là. Il y a Bernadette et Jacques ainsi que leurs quatre enfants : Faniry (6 ans), Vonghy (5 ans), Jean-Freddy (3 ans) et Emilienne (10 mois). Ils habitaient Ambohidratrimo dans une pièce d’environ 7m² et vivaient d’emplois précaires.

Il y a aussi Lalao et Pierre ainsi que Christian (10 ans), Sandra (8 ans) et Jaona (1 an) et un autre petit en devenir. Leur situation à eux était particulièrement terrible. Ils habitaient à Tana sous des bâches en plastique, collées à une benne à ordures. Ils viennent de loin, mais ont vraiment le désir que leurs enfants puissent  vivre une autre vie que la leur. Christian et Sandra n’ont jamais été scolarisés. Même si cela ne sera pas facile, il faut leur laisser la chance  de prendre un autre cap puisque c’est ce à quoi ils aspirent.

La plupart de tous ces nouveaux enfants sont en sous-poids, certains nécessitent un suivi médical approfondi.

Les pluies qui annoncent le changement de saison ont été particulièrement violentes. Elles ont pris la forme d’orages avec des grêlons gros et durs comme des billes de verre. Le quartier a offert de façon éphémère un visage hivernal européen ; tout est devenu blanc en très peu de temps. Il y a eu malheureusement beaucoup de dégâts dans les jardins. Les courgettes, dont la récolte était proche ont été littéralement cisaillées. Voilà, c’est la vie, il faut apprendre à persévérer même dans l’adversité. Le point positif de cette histoire a été le test grandeur nature de l’efficacité de notre réseau d’évacuation des eaux pluviales. En aucun endroit l’eau ne s’est acculée.

Avec la SNGF (société nationale des graines forestières) dépendant du ministère de l’environnement, nous avons fait une étude pour le reboisement du quartier. Il y aura un verger d’agrumes, des fruitiers classiques (pommes, prunes etc.) et plus exotiques pour nous : mangues, goyaves, papayes, avocatiers etc. Les espaces près des habitations seront arborées avec des arbres ornementaux et des arbustes. Les talus avec des espèces agro forestières : pins, eucalyptus et autres arbres peu connus dans nos régions et des espèces végétales couvrantes pour leur habillage vertical. Nous leur avons acheté plus de 300 plants qu’il va falloir mettre en place maintenant. Un vrai jardin d’Eden !

L’autre matin, la 4L s’est offert un joli camouflage de palmiers déjà grands sur son toit. En se rendant à Tsaratanàna, Joaquim n’est malgré tout, pas passé inaperçu ! Ces arbres étaient destinés à la terrasse de l’épicerie/coiffure de Haingo qui ouvrira la semaine prochaine.

Avec l’aide d’Angelina, nous avons mis en place la crèche provisoire dans l’un des chalets. C’est petit mais tout mignon et fonctionnel pour accueillir 8 enfants environ. Nous avons recruté 2 mpanabe (sorte d’assistantes maternelles) pour s’occuper des enfants. Cela commence doucement, les mamans ont besoin de vaincre beaucoup d’appréhensions. Tout cela est très nouveau pour elles. Les crèches existent à Tana mais en général, elles sont plutôt destinées à une clientèle, disons ; plus aisée !

Les plus grands, eux, ont rejoins l’école depuis le 22 septembre. Ils sont 17 en tout, 6 en maternelle et les autres en primaire. Pour Christian et Sandra (10 et 8 ans), Mamisoa, Vonghy, Jean Freddy, Kanto, c’était leur première rentrée des classes.

La semaine dernière, 2 institutrices sont venues nous voir pour nous expliquer le fonctionnement un peu complexe de l’enseignement public. En primaire, elles ont des classes entre 50 et 60 élèves qu’elles prennent en 2 groupes, un le matin, l’autre l’après midi.  Elles assurent 55 heures de cours par semaine au total. Le budget de fonctionnement de l’école est d’environ 4,00€/an/enfant. Cela n’autorise pas de folie pour les projets pédagogiques. Elles se sont permis de nous faire part de quelques besoins : un puits, pour mettre en place une directive ministérielle qui veut introduire l’hygiène dans l’enseignement. Intention louable sauf qu’à l’école d’Antohibe, pour avoir de l’eau, il faut descendre à la rizière... Pour les enfants venant de loin, elles aimeraient mettre en place une cantine scolaire et pour la culture, une bibliothèque. Nous avons convenu de réfléchir ensemble à la manière dont pourrait se faire un partenariat (communauté des parents d’élèves et CAP ESPERANCE).

Samedi 20 septembre, nous avons vécu un heureux évènement. C’était la naissance de MIARA-DIA (« marcher ensemble »), l’association malgache  avec qui nous allons poursuivre le partenariat pour la gestion du projet « Une Famille, Un Toit ». Le conseil d’administration se compose de 9 membres élus. Ils sont tous de part leurs activités professionnelles ou personnelles proches des plus pauvres. 4 autres membres sont des membres de droit : Haingo et Tiana, représentants élus des familles et deux représentants de CAP ESPERANCE, en l’occurrence, Joaquim et Anne. Voilà une belle équipe qui nous rejoint et qui viendra enrichir de ses expériences et dans son engagement tout ce qui a déjà été entrepris.

...Mais où ira le printemps lorsqu’il laissera bientôt la place à l’été et à la saison des pluies ?

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05 septembre 2008

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LES 1ères NOUVELLES DE LA 3ème PHASE

Sur le chemin, encore loin de Tsaratànana, dans le nuage de poussière rouge soulevée au passage de la 4L, nous avons discerné au loin plein de petites silhouettes qui accouraient vers nous. C’était les enfants du quartier qui venaient à notre rencontre. Encore un peu essoufflés et complètement excités, ils nous faisaient des bisous tout en nous expliquant avec de grands gestes que tout le monde nous attendait là bas. Ils se sont tous engouffrés dans la voiture, un sur les genoux de Joaquim pour tenir le volant, 3 sur mes genoux et le reste entassé à l’arrière. C’est comme çà que nous sommes arrivés à Tsaratanàna.

Toutes les familles étaient là pour nous accueillir et nous si heureux de les retrouver. Ils nous ont vite entraînés dans le chalet transformé en lieu de rencontre. Ils avaient hâte, ainsi que Madame Suzanne, l’assistante sociale, présente elle aussi pour l’occasion, de nous donner les nouvelles des 3 derniers mois : le passage dans la classe supérieure de tous les enfants (à Madagascar on doit passer un petit examen pour cela), le travail des chefs de famille et de 4 femmes et tous les petits détails qui font la vie et l’histoire de ce petit quartier. Ensuite, un enfant accroché à chaque doigt de main, nous avons fait le tour des jardins, beaux malgré l’hiver, la visite de quelques maisons et de l’atelier. Tous fiers, les chefs de famille nous ont montré que tous les outils étaient à leur place et que rien ne manquait bien qu’ils les aient utilisés. C’était important de leur faire confiance. Cette fois-ci, ils vont bien et cela nous fait plaisir. Ils ont beaucoup progressé dans l’autonomie.

Le paysage alentour lui aussi a changé. C’est l’hiver, donc la période sèche. Le vert scintillant des rizières s’est couvert d’un voile grisâtre et les arbustes se sont poudrés de rouge avec la poussière soulevée par le vent. Il n’y a plus de pluie depuis longtemps déjà.

Lundi 4 août,  c’est comme un petit matin de rentrée des classes. Il fait frais et quelques pans de brume s’attachent encore au sommet des collines. Tous les ouvriers sont là, sans avoir été convoqués, Ils se sont souvenus de la date.  Des petits groupes se forment en attendant les consignes. Après 3 mois, les rouages de la machine, bien huilés maintenant, se remettent en route  sans problèmes.

Les jours et les premières semaines qui ont suivi, ont vu sortir de terre en même temps et de façon spectaculaire (même Joaquim était surpris !), la maison communautaire, le centre de gestion, le bâtiment lavoirs/vestiaires du terrain de sport et les deux dernières maisons restant à construire avec en arrière plan le ballet des camions et des chars à bœufs des fournisseurs qui soulèvent beaucoup de poussière dans leurs sillages. C’en est fini pour 3 mois du calme de Tsaratànana, top chrono !

Pendant ce temps avec les femmes, nous repartons à l’assaut de la terre rouge. On traque le moindre m² de terre sur lequel on pourrait encore faire des plantations.

Une petite nouvelle pour une grande satisfaction : les 5 premiers jardins ont produit suffisamment de légumes pour nourrir les familles et elles ont même pu vendre un peu de leur excédent.

« C’est pas beau çà ? »

Nous sommes  vraiment senties encouragées. Nous avons de nouveau semé de nombreuses variétés de légumes directement en terre et dans les châssis pour faire du plant. Nous avons enrichi les parcelles avec le compost datant d’une année issu des toilettes sèches. C’était véritablement du terreau. Le seul problème rencontré concerne l’eau. Il y en a vraiment beaucoup moins que l’année dernière à la même époque malgré toute celle qui est tombée dans le 1er trimestre de l’année. Il faut donc la gérer rigoureusement pour éviter la pénurie comme cela est arrivé dans certains fokontany voisins (quartier, hameau). 

Pour le reboisement, nous prenons des contacts avec le service des eaux et forêts pour nous aider dans le choix des essences en particulier pour les talus. Dans le quartier même, nous planterons des fruitiers et des arbres d’ornement. Mais pour cela nous devons avoir encore un peu de patience. Il faut s’approcher au maximum de la saison des pluies. Nous avons tout de même commencé les trous. La  plantation de 300 arbres, ça se prépare.

Il y a aussi d’autres projets qui se mettent en place peu à peu :

Dans l’attente de locaux prévus dans la maison communautaire, une mini-crèche va être très prochainement mise en place dans un des chalets pour l’accueil des enfants de 3 mois à 3 ans environ dont les mamans souhaitent travailler à l’extérieur. Il y a l’organisation matérielle, humaine, mais aussi la préparation psychologique des mamans peu habituées à ce mode de garde, même si d’une certaine manière, elles y sont très favorables.

Une amie Malgache nous disait récemment : « le projet « Une Famille, Un Toit », c’est une véritable révolution culturelle ! » et elle ajoutait dans un soupir : «  tellement nécessaire à Madagascar ». En cela, elle parlait de la crèche bien sûr, mais aussi du tri sélectif, des toilettes sèches, des cuiseurs solaires, de l’éducation à la gestion du budget familial et de tout ce qui est fait pour refuser l’assistanat et parvenir à l’autonomie.

Un autre chalet sera utilisé pour être une épicerie/salon de coiffure/guinguette, original, non ?  C’est Haingo qui souhaite mener à bien ce projet. Elle est coiffeuse de formation. Le chalet sera doté d’une terrasse ombragée et conviviale avec des tables pour prendre des rafraîchissements et un terrain de pétanque. Haingo tiendra aussi à la disposition des ses clients des jeux de société.

Nous l’aidons dans l’organisation et elle sera accompagnée dans la gestion quotidienne par une « marraine » qui professionnellement forme des artisans à la gestion et à la comptabilité dans le cadre du commerce équitable.

                L’atelier est maintenant équipé d’une combinée et d’une scie à ruban pour le travail du bois. Cela nous permet de réaliser un peu de mobilier pour la crèche et les équipements de l’épicerie mais aussi de commencer une activité de fabrication de toilettes sèches qui suscitent toujours beaucoup d’admiration de la part de nos visiteurs et pour lesquelles nous avons déjà quelques commandes fermes. Nous espérons pouvoir pérenniser cette activité et ainsi créer quelques emplois.

Du 5 au 17 août, 6 enfants sont partis en colonie de vacances avec l’association « Le Grain de Blé » à Ambatomanga, dans la montagne pas très loin de Tana. C’était une grande aventure un peu teintée d’angoisse tant pour les enfants que pour les parents. C’est normal, c’était leur première séparation. Nous sommes allés leur rendre visite le dimanche. Ils étaient tout sourire, très à l’aise dans le groupe et actifs dans toutes les activités proposées. Quand malicieusement nous leur avons proposé de revenir avec nous, ils ont été unanimes : « non, non, non ! » Depuis leur retour, ils chantent beaucoup, attendent  le prochain camp avec impatience et leurs parents sont très reconnaissants de ce que leurs enfants ont vécu.

Le 23 août, l’hymne national et le drapeau malgache se sont à nouveau élevés dans le ciel de Tsaratànana. C’était pour l’ouverture officielle du 1er trophée de football organisé dans le quartier. Lala, notre chef de chantier avait pour l’occasion revêtu sa tenue noire d’arbitre officiel.

5 équipes se sont affrontées tout au long de la journée. Les supporters assez nombreux ont profité de la buvette préparée par les femmes et ont soutenu, dans un premier temps sans grandes démonstrations leurs équipes favorites,  mais se réservant pour la finale, où l’ambiance était franchement survoltée.

Une coupe et 2 ballons sont venus récompensés les 3 premières équipes. Tout le monde semblait avoir apprécié cette journée.

Depuis notre arrivée à Madagascar, nous continuons toutes les démarches administratives avec la mairie.

Nous avons également réuni le comité de pilotage pour faire le point sur le projet et l’implication de chacun.

Nous continuons le travail sur la constitution d’une association malgache en rassemblant des personnes qualifiées et désireuses de s’investir dans la gestion future du quartier. L’association devrait voir le jour courant septembre et portera le joli nom de « MIARADIA » qui signifie « MARCHER ENSEMBLE » Tout un programme !

Depuis un mois, le temps a beaucoup changé. Nous ne sommes plus frigorifiés comme au début du mois d’août. Il souffle maintenant un petit air de printemps embaumé du parfum des mimosas et du jasmin en fleurs. Les arbres se teintent doucement d’un joli vert tendre. C’est plein de promesses tout cela !

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20 mai 2008

Les nouvelles de l'association CAP ESPERANCE

sont consultables sur son blog

cliquez sur le lien

ou tapez :

http://assocapesperance.canalblog.com

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12 mai 2008

"MERCI"

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2ème phase : EPILOGUE

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La seconde phase du projet « Une Famille, Un Toit » est achevée. Le 12 avril, nous l’avons clôturée par une petite fête de familles rassemblant les 35 habitants de Tsaratanàna, les ouvriers, quelques amis, Gaby et nous, bien sûr !

Quand je dis « fête de famille », c’est pour exprimer les liens forts qui se sont tissés entre nous depuis le début du projet. Les familles ont beaucoup évoluées, nous aussi, c’est sûr. Partager, c’est donner et recevoir.

De nos mains plongées dans la terre rouge de Tsaratanàna nous n’avons pas vu seulement sortir de l’eau, de la végétation, des maisons, mais surtout ce qui donne un sens à la vie, ce qui est un défi à la fatalité, ce que l’on nomme si joliment « ESPERANCE ».

Peaux sombres, peaux claires, mais de quelle couleur est notre cœur ?

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Ce samedi à Tsaratanàna, il y avait beaucoup d’agitation. D’abord la préparation en commun du repas avec l’épluchage de près de 40 kg de fruits et légumes et la cuisson du riz qui a mobilisé toutes les marmites disponibles sans oublier le foyer géant pour cuire les brochettes de zébu.

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Es-ce le délicieux fumet qui s’échappait par-dessus les talus, ou les cris enthousiastes des footballeurs quoiqu’il en soit il y a eu très rapidement beaucoup de « spectateurs » venus des environs qui se sont assis sur le chemin pour assister à l’évènement. Le spectacle, c’était surtout l’après midi lors des « 1er jeux olympiques » de Tsaratanàna sur le terrain de sport soigneusement mesuré par Lala notre chef de chantier, arbitre à ses heures et fraîchement équipé de buts réalisés par Marcel notre soudeur. Les « défis » sportifs révèlent les tempéraments dit-on. Nous l’avons vérifié en voyant nos amis, d’ordinaire si réservés, se donner à fond dans tous les jeux, enfants, hommes, mais aussi les femmes qui ne sont pas restées sur la touche.

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Le feu d’artifice final est venu, juste après la remise des prix sous forme de boites de conserve, avec un magistral orage fait de grêle, d’éclairs et de tonnerre. Heureusement, nous avions tous trouvé refuge dans l’atelier. Gaby en a profité pour montrer avec son ordinateur les photos de notre travail collectif dont chacun est tellement fier.

L’ « au revoir » c’était dimanche. Moment intense d’émotion, pourtant nous quittons le cœur léger la petite communauté de Tsaratanàna. Nos amis ont maintenant confiance en eux, conscients de leurs capacités, de leurs responsabilités en particulier vis-à-vis de leurs enfants et de la nécessité de prendre leur vie en main. Et même si nous sommes tristes, nous pensons tous que trois mois, c’est vite passé !

Lundi 14 avril, l’avion qui nous emmène en France passe à l’horizon du quartier. Calés dans nos fauteuils, nous avons beaucoup de temps pour jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et revoir en pensée le déroulement de cette seconde phase toute aussi défiante et enrichissante que la première.

Le grand défi, c’était la saison des pluies et en particulier le cyclone « Ivan » qui nous ont obligés à changer un peu l’ordre de notre programme. Mais c’est à peu prêt la seule véritable difficulté que nous ayons rencontrée, sans parler bien sûr, mais c’est anecdotique, de notre fidèle 4L à qui nous infligeons quotidiennement de nombreux trajets sur les pistes défoncées et qui pour cela a du recevoir d’innombrables soins intensifs de la part de Justin, notre fidèle doc/mécano, qui s’est bien souvent transformé en « Samu » pour la réanimer.

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Le bilan des constructions, c’est 3 maisons d’habitation en plus, un atelier, les toilettes publiques. Les autres gros ouvrages réalisés ont été le percement de la piste pour la pose des buses pour l’évacuation des eaux pluviales. Cela a représenté une tranchée de 22 mètres de long, sur 3,50 mètres de profondeur, le tout creusé manuellement, la création d’une rue pavée de 55 mètres de long sur 4 mètres de large, la réalisation des caniveaux pour le recueil des eaux pluviales sur 95 mètres de long, le forage d’eau potable avec la pose d’une pompe et d’un château d’eau et l’installation d’un premier robinet avec une pression d’eau très satisfaisante.

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Armées de pinceaux, de peinture et de vernis, les femmes ont transformé leur intérieur en petit nid douillet. Des rideaux réalisés avec la machine à coudre acquise pour l’atelier broderie/couture donnent une note de confort supplémentaire.

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D’un point de vue environnement, nous avons planté environ 150 arbres dont 2/3 de fruitiers, des plantes d’ornements, des fleurs et du gazon à la manière du repiquage du riz, c'est-à-dire brins par brins. Le tri sélectif se poursuit ainsi que la réalisation de compost pour les jardins. Le plastique est stocké en attendant de trouver une filière de recyclage. Les jardins des 5 premières maisons sont entièrement cultivés et les jardins des 3 nouvelles sont en bonne voie. Tout n’est pas encore aussi vert que nous le voudrions mais il faut relativiser ; Tsaratanàna n’a que 6 mois d’ouvrage !

Grâce au docteur Dieudonné, chaque femme a pu bénéficier, suite à une réunion d’information, d’un bilan sanguin en vue du choix d’une contraception adaptée, plusieurs autres examens et consultations médicales ont également eu lieu grâce à son intervention. Docteur Rindra quand à elle, a examiné en particulier, Tsiresy, Annie et Julio, les 3 derniers nés et soigné les maladies courantes de plusieurs enfants et adultes. Nous avons envoyé en consultation d’ophtalmologie six adultes qui sont maintenant équipés de verres correcteurs. L’ensemble des familles a de nouveau bénéficié d’une cure de « Spiruline » durant 1 mois.

Plusieurs femmes, en particulier celles ayant des enfants qu’elles allaitent encore, ont vivement souhaité que la 1ère micro entreprise de la pépinière d’activités soit un atelier de broderie, couture. C’est ce que nous avons organisé ensemble. Elles sont encadrées par Santatra, une jeune styliste, qui les forme et organise la production. L’activité se déroule dans un chalet équipé à cet effet.

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Le suivi social des familles, ainsi que la poursuite du travail déjà engagé, comme la gestion du budget familial, l’hygiène alimentaire et corporelle, l’éducation des enfants etc., sont assurés par Madame Suzanne, une assistante sociale détachée d’une association d’insertion sociale qui intervient 2 journées par mois.

Malala est notre correspondante locale. Elle est chargée de nous transmettre par mails toutes les informations relatives au quartier et d’être à l’écoute des familles.

Bako et Bruno sont des amis proches de l’association. Bruno s’est proposé de faire, en plus d’un travail administratif, un temps de soutien scolaire hebdomadaire auprès des enfants de primaire, Bako mène avec les femmes une réflexion sur l’implantation d’une épicerie. D’autres interventions sont prévues par des amis de l’association.

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En plus de Haingo et Tina, élus démocratiquement par l’ensemble des familles pour les représenter et assumer, entre autre, un rôle d’organisateurs au niveau des travaux communautaires, chaque adulte a également reçu la responsabilité particulière d’un équipement collectif.

L’implication d’un partenariat local et des familles sont une réelle valeur ajoutée au projet. Au travers de chacune de ces personnes, « Une Famille, Un Toit » prend une forme bien réelle et vivante. Ce n’est plus une théorie, mais la réalité et pourtant ...

Il y a seulement un an, mais cela semble déjà une éternité, nous revenions de Madagascar avec dans nos bagages, une ébauche assez claire du projet suite à notre enquête sur le terrain, le partenariat de la commune d’Ambohidratrimo matérialisé par le don d’un terrain de 1 hectare, des plans réalisés sur place et peaufiner par un architecte en France et le dépôt du permis de construire in extremis. Ensuite tout est allé très vite.

Les voyages dans le temps sont intéressants pour mesurer le chemin parcouru mais aussi pour faire monter en nous la reconnaissance pour tous ceux, très nombreux, connus ou inconnus, personnes privées ou institutions qui par leurs dons, leurs contributions et leurs encouragements nous ont fait confiance et sont entrées dans notre rêve.

Tsaratanàna, c’est joli, comme son nom l’indique*, pas seulement grâce aux maisons et à leurs jardins, mais aussi grâce à la solidarité, au partage et aux sourires de ceux qui l’habitent.

A très bientôt pour la 3ème phase du projet et la réalisation des 2 dernières maisons, du centre de gestion, de la construction pour la partie gros œuvre de la maison communautaire et la poursuite de la rue et de ... et de .... Enfin vous avez compris, il y a encore un peu de travail. * : Tsaratanàna signifie « joli village »

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29 mars 2008

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PETITE PROMENADE EN FAMILLE

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Nouvelles en direct de TSARATANANA

Vous ne connaissez pas ce nom ? C’est normal. Il vient juste d’être choisi par les familles pour nommer leur quartier. En malgache, cela veut dire « joli village ».

C’est vrai qu’il devient de plus en plus joli et vert notre ancien désert rouge. En regardant sa photo prise le 1er août 2007 et en le voyant aujourd’hui, on se dit que l’on a eu raison d’être un peu fous. La folie a parfois du bon,  elle permet de ne pas être trop raisonnable et de voir les choses avec d’autres yeux. Nous nous souvenons toujours avec autant d’étonnement et d’émerveillement de la confiance spontanée que nous ont accordée les familles dès le départ alors qu’en voyant l’endroit, il aurait été légitime d’avoir quelques doutes. Aujourd’hui, il y a encore beaucoup de travail à accomplir, mais ce n’est plus difficile d’imaginer à quoi ce quartier ressemblera lorsque l’ensemble des constructions seront achevées.

Où en sommes-nous dans les travaux ?

Nous n’avons pas donné beaucoup de nouvelles ces derniers temps. Nos journées sont bien chargées et le soir, les yeux lourds, parfois même avant 21 heures, nous pensons qu’il est grand temps d’aller dormir.

Nous avions expliqué dans la 1ère lettre de nouvelles pourquoi l’espace du terrain destiné aux nouvelles constructions avait été en partie inondé. Par précaution, nous avons pris la décision de ne construire que sur la zone sèche, c'est-à-dire 3 maisons au lieu des 5 prévues initialement dans la seconde phase. Les deux maisons manquantes seront construites lors de la 3ème phase. Ce sera alors la saison sèche.

Pour éviter que les problèmes d’inondations se renouvellent nous avons creusé un réseau de caniveaux partant du haut du terrain, destinés aux eaux pluviales. Des buses posées sous le chemin d’accès avec des bacs de rétention des boues de part et d’autre assurent l’évacuation des eaux en contrebas vers les rizières.

Une jolie rue en pavés de granit est à moitié achevée. Cela représente un travail énorme. En termes de coût, il serait difficile d’imaginer aujourd’hui en France la réalisation entièrement manuelle d’un tel ouvrage. Le résultat en vaut la peine.

A la grande joie de Gaby, membre de l’association et non moins Président des Amis de CAP ESPERANCE, Ile de France,  qui nous a rejoint pour un mois et demi depuis le 10 mars, nous avons construit un atelier près de la future pépinière de micros entreprises. C’est vrai que cet outil était indispensable pour réaliser les divers ouvrages métalliques et  de menuiserie, pour stocker les matériaux et les outils dans de bonnes conditions. Tiana, l’un des chefs de famille a été nommé magasinier « en chef ». Il a la responsabilité d’effectuer la gestion des stocks. Tâche qu’il effectue avec beaucoup de sérieux grâce à des outils simples mais efficaces. Cet atelier servira a assurer la maintenance du quartier.

Le forage d’eau est opérationnel depuis plusieurs semaines maintenant. Le château d’eau est prêt à être installé dans les prochains jours. Les femmes bénéficient d’un lavoir depuis deux semaines. Cela leur permet de laver le linge dans de meilleures conditions.

Les toilettes publiques sont achevées. Elles comportent une douche, un lavabo et une toilette sèche qui ne cesse de susciter curiosité et admiration des visiteurs pour quelque chose de si simple et si  ingénieux (félicitations aux concepteurs de cette idée révolutionnaire !).

Deux des trois maisons en construction sont prêtes à être couvertes en tuiles, la troisième arrive à l’élévation des pignons. Les équipes pour chaque maison sont constituées du chef de famille et de 2 maçons. Pour la petite histoire, durant la saison humide, c’est à dire la saison actuelle, on ne fabrique pas ou très peu de briques et de tuiles. Nous avons de la chance d’avoir comme l’un de nos fournisseurs une petite dame très déterminée, nommée Zoéline,  qui habite à deux pas de Tsaratanàna et qui a mis spécialement en route un four pour cuire les tuiles dont nous avons besoin. Elles sont de bonne qualité. On ne peut imaginer plus grande proximité.

Les chalets ont changé de look ! En effet, chacun d’eux a été peint d’une couleur vive différente. Tout le monde apprécie ce changement. Erick, l’un des enfants a même dit : « les chalets c’est merveilleux ! »

Aux deux nouvelles familles déjà présentes sont venus s’ajouter Juliette et Norbert (33 et 32 ans) ainsi que leurs deux fils Nôry, 12 ans et Andoniaina, 7 ans. Jusqu’à présent, ils étaient obligés de vivre chez leurs parents à cause de revenus insuffisants et irréguliers avec lesquels il était impossible de payer un loyer . Lors de leur sélection, ils étaient à la fois incrédules et reconnaissants de pouvoir intégrer le projet « Une Famille, Un Toit ». Gens de la terre, ils n’ont pas tardé à creuser les plates bandes pour commencer les plantations dans le jardin de leur future maison.

Si l’on fait le total, il y a maintenant à Tsaratanàna 16 adultes et 19 enfants âgés de 2 mois à 12 ans, avec toujours seulement 5 filles.

Les femmes commencent à être fières de leur jardin. Ils sont maintenant entièrement plantés et semés. C’est une belle bataille gagnée contre la terre aride grâce à leur travail persévérant. Nous espérons maintenant gagner la bataille des talus à reboiser et de la couverture végétale du terrain. Nous avons planté environ 150 arbres au total. C’est peu ! Il faudrait multiplier ce chiffre par 10 au moins. Le gazon continue d’être planté. Brin par brin c’est très long. Mais même si nous sommes un peu impatients, il est manifeste que le végétal reprend peu à peu ses droits dans cet espace où il avait complètement disparu.

Concernant le tri sélectif, on peut estimer à environ 50% le taux de réussite. Ce n’est pas mal si l’on considère que c’est un véritable changement de comportement. On ne parle pas de ça à Madagascar. Chaque famille réalise son compost dans son jardin.

Jeudi 20 mars : élections à Tsaratanàna !

L’ambiance était sérieuse dans l’atelier transformé pour la circonstance en bureau de vote. Il s’agissait d’élire deux représentants des familles, une femme et un homme, d’une famille différente, afin qu’ils deviennent les référents du quartier, qu’ils organisent les travaux d’entretien des espaces communs et surtout qu’ils soient les représentants des familles dans le conseil d’administration de la future association gestionnaire du projet. Volonté de sérieux et démarche pédagogique avec feuille d’émargement, bulletins de vote, isoloir, dépouillement public avec deux observateurs pour apprendre la démocratie même à l’échelle d’un quartier. C’est Tiana et Haingo qui ont été élus sans ambiguïté avec un score qui ferait pâlir de jalousie n’importe quel politique chez nous.

Le jour de Pâques, nous avons fait une grande promenade tous ensemble pour aller goûter près d’un joli petit lac. Loisir tout simple auquel ils ne pensent pas forcément. Le soir, fatigués mais tellement heureux, ils disaient déjà « c’est tellement bien de marcher ensemble ! Quand es-ce que l’on recommence ? »

L’ensemble des femmes a décidé de participer à une formation d’agent de santé dispensé par le PSI Madagascar. Elles pourront utiliser cette formation dans leur propre famille mais aussi grâce à ce qu’elles auront appris, elles pourront sensibiliser les populations environnantes sur les maladies diarrhéiques, le VIH/SIDA, la planification familiale et le paludisme.

Dans 2 semaines, la 2ème phase est finie. On aimerait toujours grignoter un peu de temps pour en faire un peu plus, partagés dans le désir de revoir les nôtres qui nous manquent beaucoup et déjà avec une certaine tristesse de quitter ceux avec qui nous avons partagé déjà 6 mois de vie quasi quotidienne. Mais il reste les souvenirs et des milliards de pixels de photos et de film …

·         Il ne faut pas oublier l’accent sur le 4ème « a » car si « Tsaratanàna » veut dire « joli village » « Tsaratanana » signifie « jolie main »

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03 mars 2008

12

MAINTENANT ON PASSE AU VERT!

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02 mars 2008

du 18 février au 1er mars 2008

Voici les nouvelles de Madagascar. Elles sont peu réjouissantes en ce qui concerne le pays et les fléaux climatiques qui le touchent régulièrement et l’appauvrissent chaque fois un peu plus. Mais pour nous, nous devons nous réjouir que les choses avancent bien même si parfois nous devons composer avec les conséquences du temps et d’autres petits aléas somme toute, dérisoires..

Le cyclone a touché sans distinction toutes les provinces de l’Ile. Il a soufflé en rafales de 230 km/heure, c'est-à-dire aussi violentes que  celles qui avaient ravagé la Nouvelles Orléans il y a peu de temps lors de l’ouragan cathrina. Cette semaine les chiffres provisoires, pour seulement une partie des provinces, faisaient état de 145000 sinistrés, 44 morts et 15000 hectares de rizières perdues dans la région la plus fertile de Madagascar. Les chiffres un peu froids ne reflètent jamais la somme de détresses individuelles qu’ils recouvrent ni les conséquences aggravantes sur la situation économique des plus pauvres.

Acheter le minimum vital, c'est-à-dire le riz, pour les familles pauvres, même celles qui ont un salaire, devient de plus en plus difficile. La misère insidieuse rampe dans les rues. L’autre jour, en plein centre de Tana, une femme s’est précipitée vers moi en brandissant un bébé de quelques mois et en me disant «  acheter bébé Madame ». Je ne pense pas qu’elle avait réellement l’intention de vendre son enfant, mais cette scène montre le degré de désespérance chez les plus pauvres. La nuit, les rues se métamorphosent en campements sauvages, sur les trottoirs et dans les moindres recoins. Les démunis de tout se couchent là où ils ont mendié dans la journée et où ils recommenceront le lendemain. Ils sont comme des ombres à la couleur indéfinissable qui ont cessé d’espérer.

La maladie aussi est une grande source d’angoisse. Elle l’est naturellement chez tout homme. Mais ici, elle est aggravée par le coût des soins. Acheter des médicaments, subir une opération chirurgicale n’est pas à la portée de tous, et là, cela touche aussi les « moins » pauvres et même les classes moyennes. Un diagnostic médical peut vite devenir un arrêt de mort.

Après donc presque trois jours de tempête ininterrompue et 7 jours de pluie, le silence s’est fait tout d’un coup laissant la place à un calme presque irréel. Le soleil s’est remis à briller comme si rien ne s’était passé, les pistes ont séché en gardant tout de même de larges cicatrices. Dans les rizières, à l’heure où la lumière devient rasante, le spectacle est féérique. Jamais aucun artiste ne pourrait imaginer une telle débauche de nuances de verts, baignée dans une lumière dorée. Les zébus couvrent les collines et le calme de ces paysages rafraîchit l’âme de tout ce qui est si agressif à quelques lieux de là. La vie a repris son cours…

La population du projet s’élève maintenant à 31 personnes, 14 adultes et 17 enfants ; 12 garçons et seulement 5 petites filles. Les nouvelles familles ont bien été intégrées par les anciennes. Les pièces du puzzle s’assemblent peu à peu et le quartier commence à prendre réellement forme. Ce que l’on remarque au premier coup d’œil, outre bien sûr les constructions en cours, ce sont les nombreux îlots verts qui se sont formés ici et là, au grès des jardins et des différentes plantations. Samedi 1er  mars, avec un large bataillon constitué des familles et de plusieurs amis, nous avons entrepris la plantation de nombreux arbres et de plantes d’ornement aux noms inconnus pour nous, mais qui, de façon certaine, vont transformer ce lieu en un oasis de verdure. Chaque famille a également planté 4 bananiers dans son jardin.

Les semaines que nous trouvons toujours trop petites, sont rythmées avec des programmes très précis pour la réalisation des objectifs de la seconde phase. Le travail n’est pas routinier, parce que le projet « Une Famille, Un Toit » est certes un projet de construction, mais il est surtout une aventure humaine qui se découvre chaque jour.

Posté par yocontigo à 17:23 - 01. Actualités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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